Têtes brûlées, aristocrates ruinés, amoureux déçus, soudards, idéalistes exaltés, demi-soldes oisifs et encombrants, enfants de malheur, âmes perdues, pêcheurs repentis, tous à la recherche d’une autre chance, d’une deuxième identité, d’une vie meilleure. Autant d'histoires personnelles, ayant abandonné le quotidien pour se confronter à l'histoire du monde. La légion, cet habile attelage hétéroclite, formé d'hommes étrangers si peu considérés, exprime une communauté de destin, d’histoire, qui s’affranchit des règles sociales de la société au sein d'une collectivité de fer. C’est un milieu en bande organisé, sans caste même s'il reste fortement hiérarchisé. La Légion reste le meilleur club du monde, où chaque membre a quelque chose en commun que personne d’autre ne peut avoir. A Moscou, à Paris, à New-york, avec de l’argent n’importe qui peut être membre de n’importe quel Club, sauf celui de la légion.
En ivresse, je suis plus Malcolm Lowry que Charles Bukowski… je veux dire que je suis pour l’écriture qui sombre entre lumière et ténèbres, pas pour l’homme qui se démantèle. L’homme, je le préfère damné mais fier.
Je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égauxqui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. (…) Je promène mes regards sur cette foule innombrable composée d'êtres pareils, où rien ne s'élève ni ne s'abaisse. Le spectacle de cette uniformité universelle m'attriste et me glace, et je suis tenté de regretter la société qui n'estplus.