J’exècre cette insupportable manie mélancolique, inguérissable, empalée sur un romantisme à deux sous, arrosée de larmes perpétuelles, de ces êtres déliquescents fabriqués de souffrances intellectuelles et de contemplations solitaires. Je leurs préfère assurément les hommes mieux faits pour la joie, formés pour la vie rugissante, se satisfaisant d’infini et d’absolu et traçant leur chemin également sous les coups ou les caresses.
Très tôt j'ai décidé de m’abandonner à vivre dans une sorte de résignation joyeuse. J'ai le goût de l'honneur, de l'amour et de la vie, comme d’autres aiment la boue et les peep-show et la mélancolie.
Je n'aime pas cette contrainte : écrire par temps d'effondrement civilisationnel. J'aurais aimé écrire dans la plénitude. Ecrire d'une langue joyeuse dans la plénitude de la civilisation.
J'ai l'exigence impérieuse des étés flamboyants plongés dans l'immensité liquide sombrement bleue, lorsque la brûlure insidieuse des parfums modifie l'apparence de l'air. La révélation de la joie est l"écho de tout cela.
Je voulais juste vous dire que je désire vivre pour la Joie. Non pas pour le bonheur, la tendresse ou la gaité mais pour la joie. La joie unique et pure, la joie absolue, la joie des vainqueurs.