reconstruire la bastide

Terra Ignota, un blog insolent

Nous reviendrons conquérir notre monde par les chemins buissonniers.

Terra ignota nous reviendrons conquerir notre monde par les chemins buissonniers 1

L’angoisse d’exister, voilà ce qu’a créé le monde moderne pour la jeunesse ! Et il s’est évertué à détruire tout refuge possible contre ce mal du siècle ; de la cathédrale à la famille, des valeurs à l’esthétique, du zinc des amis aux forêts sauvages. Rien n’échappe à sa furie barbare. Les témoins du passé - hommes, mots, vertus, œuvres - sont écartés, purgés, dénoncés, assassinés par les nouveaux prêtres exaltés du progressisme, enivrés de leur image, rongés de haine. Dans ce nouvel ordre rigide, nous glisserons le romanesque, la rêverie… nous y glisserons la fantaisie, nous lèverons l’excommunication de l’amour fidèle. Nous reviendrons conquérir notre monde par les chemins buissonniers.

Tout conspire au reniement des civilisations

Terra ignota bastide fortifiee

Tout conspire au reniement des civilisations, à l’abandon des héritages, à l’effacement des humanités partagées, à la désunion des hommes et des femmes, à l’affrontement des générations, à la négation des notions communes enracinées dans la nature humaine. Puis, les esprits renoncent, les sensibilités se ferment. Les valeurs sont placées sous surveillance. On sent venir le mur des fusillés. On entend déjà les culasses qui claquent. Les dogmes brutaux s’installent. L’odeur de cendre rend l’air irrespirable. Dans ce temps-là, un cercle de résistances respire dans les interstices d’air encore pur : la famille, le clan, la bastide fortifiée, la terre. Leur seule réunion, lève un espoir de grandeur morale, de civilisation, dans ce chaos de destruction.

Diner de barricades

Terra ignota diner de barricade

Aujourd'hui, diner de barricade dans l'angle mort des quartiers populaires.    Les vieilles hiérarchies sont branlantes, l'humain devient étranger à sa propre essence. La révolte est dans l'instant, nous allons renouer avec la beauté des commencements. Les barbares n’auront pas leur mot à dire sur la manière dont nous nettoierons leur sang quand nous nous serons libérés.

Bar de la Plage

Bar de la Plage

Terra ignota bar de la plage

Toutes les nuits, nous refaisons le monde au bar de la Plage. Nous fabriquons des soleils levants, de nouvelles civilisations dont nous sommes les cariatides. Et dire que l'on nous prend pour de simples piliers de bar...

Les aubes glorieuses

Les aubes glorieuses

Terra ignota aventure

A vingt ans on rêve d’aubes glorieuses, de rades sordides, d’amitiés sincères, de coups de feu, de poing, de tabac. Plus tard, on rêve d’aventure, la maladresse de la jeunesse en moins, l’épaisseur d’une vie d’adulte en plus

 

Tombé à Königsberg

Tombé à Königsberg

 

Terra ignota ruines

Je hais les ruines. Je ressens tout naufrage de civilisation comme un malheur personnel, j'ai l'impression de sombrer avec elle. Je suis tombé à Constantinople, puis à Königsberg.

Retour d'exil

Retour d'exil

Terra ignota occident

On en vient à espérer le retour d’exil d’un occidentalisme ancien... un retour décomplexé !

 

C'est dans les vieux spleens qu'on taille les plus beaux étendards !

C'est dans les vieux spleens qu'on taille les plus beaux étendards !

Terra ignota lettre a mon ami

 

T’en souviens-tu ? …nous déjeunions de combats et dînions de serments, comme autant de soufflets gantés que nous jetions à la face de notre époque corsetée. Fiers, ivres et arrogants, nous voulions brûler les palais et appelions à des bastides ensoleillées à la sobre beauté cistercienne dont nous portions toute la démesure. Nous avions l’inlassable espérance d’y perdre notre virginité dans la chevelure d’une femme ardente, de l’épouser et édifier notre clan. Nous étions habités d’une violence de briseur de grève et tenaces comme la nacre baroque des ormeaux.

Nous avons aujourd’hui notre absolu de l’amour, notre certitude du clan. Pourtant nous voilà toujours exilés dans le labyrinthe mouvant qui mène vers notre Ithaque, à devoir lutter sans cesse contre des sirènes inutiles et des cyclopes entêtés, à contempler le spectacle fascinant du carnage de la décadence… inadmissible et vertigineux gâchis… décombres amoncelés… impitoyable, sombre et redoutable démission de l’homme civilisé …

Acculés, agités des derniers soubresauts de l’instinct sauvage. Le muscle prêt à foudroyer le Moloch aux chaires molles. Nous nous rangeons encore derrière la bannière implacablement dressée, celle de l’idéal de notre jeunesse ébouriffée confluant avec notre force mature, pour ne pas laisser nos enfants hantés par une cruelle Némésis.

 

 

Sans égard pour les gestes des suppliants

Sans égard pour les gestes des suppliants

Terra ignota les suppliants

Dans la débâcle de toutes les convictions, et les manifestations pareilles à une danse macabre et burlesque d’une fin de civilisation, je m’en vais plein d’une haine généreuse, torche et pistolet en main, anéantir la chimère, sans égard pour les gestes des suppliants.

 

 

Les faims insatiables

2013 04 30 open war terra ignota

Je n'aime rien tant que l'impatience des faims insatiables : celles de la jeunesse, de l'aventure et de la joie !

 

J'ai espoir que tout ce que je dis pourra être retenu contre moi !

J'ai espoir que tout ce que je dis pourra être retenu contre moi !

Terra ignota coupable

Je suis né chez les Augustines, à la fin d’un été. J’ai grandi dans la préface du deuil de ce monde. J’ai côtoyé les soudards de la république, vu ses putains, ses mignons, ses défroqués. J’ai vu vos destructions. Vos soirs d’ivresses ne sont pas mes soirs d’ivresse. J’ai mille nuits bleues contre vos nuits blanches.

 

Je hais cette époque

Je hais cette époque

Terra ignota je hais cette epoque

L’homme moderne a pris toutes ses précautions contre le sublime.

Abel Bonnard

 

 

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A notre époque inculte, on a parfois envie de fuir la barbarie pour les temples grecs, les contours flous pour les lignes droites et enfin les phrases emphatiques et sombres pour une langue claire et noble.

H. Sienkiewicz

Le surgissement d’une couleur qui aille au monde

Terra ignota le piccadilly rennes

Au petit matin, sur un coup de téléphone à l’improviste, ils se retrouvaient à Rennes dans l’odeur singulière des villes de province encore endormies. Ils en avaient fait une habitude d’escale depuis maintenant bien longtemps. Rien n’avait modifié ce rituel ; ni le changement de propriétaire, ni  la nouvelle décoration ou les profils différents des habitués. « Allo ?... c’est moi ! Je t’attends au Picca ». Ils s’asseyaient en terrasse en attendant l’heure des grandes ombres qui s’allongent, une meilleure lumière. Ils fumaient tranquillement des Lucky-Strike, ne buvaient que des grands whiskies comme des marques d’effronterie, accompagnés d’un grand café hautement aristocratique et colonial. A cette heure-ci, il n’y avait jamais personne. Pas un bruit hors les grands mots qui tranchaient leurs débats avec des reflets épurés et définitifs.

Tournés vers la grande place, ils espéraient le surgissement d’une couleur qui aille au monde… une densité palpable… le baroque d’une aube à l’épaisseur d’un tissu riche et cramoisi.

Se nourrir d'une ardeur déchirante

Se nourrir d'une ardeur déchirante

 

Terra ignota ardeur dechirante

Il faut toujours une grâce à la souffrance. Se nourrir d'une ardeur déchirante est l’une de ces bénédictions!

 

Voilà ce que le monde moderne m'apporte

Voilà ce que le monde moderne m'apporte

Terra ignota la cabane

Je perds une illusion par jour, j'épuise le stock dans la considération de la triste réalité de la modernité, sans lueur spirituelle, jusqu’au plus noir du désespoir. En contrepartie je construis une forteresse dure et blanche de certitudes. Voilà ce que le monde moderne m'apporte, en plus du froid et des imbéciles.

 

 

Fauves insensibles aux promesses

Fauves insensibles aux promesses

Terra ignota fauves insensibles 2

 

Nous constituons peu à peu un héritage de la revanche que nos enfants viendront réclamer ! Leurs désirs insatiables de joie outrepasseront l’immense plaine des mélancolies contemporaines. Ils seront les prochains géants des grands vents, des tempêtes. Ni charognards, ni prédateurs… fauves insensibles aux promesses

La possibilité radicale d'une joie violente

La possibilité radicale d'une joie violente

Carte de voeux 2019

Et pourquoi, au plus noir du désespoir de ce monde à la dérive, ne pas envisager la possibilité radicale d’une nouvelle joie violente, sans compromission ?

 

Je vais aller accueillir la nuit

Je vais aller accueillir la nuit

Terra ignota les eaux claires des mythes grecs

 

Je vais aller accueillir la nuit avec des offrandes : une musique révoltée et un alcool fort. Alors, je me replongerai dans l’Iliade et l’Odyssée pour me laver des souillures contemporaines aux grandes eaux claires des mythes grecs. Il y a des dieux à ne pas fâcher.

 

 

 

Beauté inaltérée des femmes de clan

Beauté inaltérée des femmes de clan

Terra ignota beaute inalteree

Devant toute femme de clan, à la beauté inaltérée d'un peuple cohérent à travers les siècles, il faut savoir baisser nos yeux iconoclastes.

 

Banquette 612

Banquette 612

Terra ignota photo tomislav grzunov

Ai croisé un jeune d'aujourd'hui : dépeigné de plusieurs jours, avachi des paupières, les chairs déjà molles, sérieux, le nez mal planté, le menton fuyait là où le sourcil avançait planté sur une arcade sombre. Large bouche, dents espacées, lèvres colériques et bleues, aucune harmonie ne venait lier chacun des traits. Un pilier du genre ! Enfoncé dans une nonchalante affligeante, il ne faisait manifestement aucun effort pour tenir une posture. Ses formes épousaient exactement l'air du temps et le fauteuil pullman 612 du navire de traversée vers la Corse. Il dévisageait chaque passager, essayant de trouver chez eux quelques points communs qui pourraient l'ancrer dans l'espèce humaine. Las, il s'exhiba avec un magazine faisant l’apologie du spécisme.

Je glissais ma main dans mon vieux sac bergam, pris un papier bristol et rapidement je griffonnais " On ne tombera qu'après avoir osé de grandes choses". En toute discrétion, je fis pousser la missive vers le passager 612, par le biais d’un personnel de salle. A la lecture de l‘aphorisme de Sénèque, le jeune balaya la salle, l’œil enfiévré. Il s’était relevé, le torse bombé, le menton fièrement dressé, la mâchoire serrée. Je venais de lui offrir quelques promesses viriles de cicatrices d’homme. Je pris une rasade de rhum de ma fiole et me tournais vers le grand espace marin. 

 

Nous sommes les fauves escortant les vents violents

Nous sommes les fauves escortant les vents violents

Terra ignota les aventuriers 1

 

Notre multitude n'est encombrée de rien ! Elle se prépare au pire. Elle avance, la faim au ventre... une faim d'aventure, de révolte, de grondement. Nous sommes les fauves maigres escortant les vents violents.

Il plane une odeur de cendre

Il plane une odeur de cendre

Terra ignota barricade

Quitte à avoir des adversaires, je les préfère exagérément forts. C’est toujours beaucoup plus intéressant quand on exagère. Le courage doit être le même des deux côtés de l’orage. Ce n’est plus le cas. De l’autre côté, le monde s’ennuie, vacille et se réduit. Ils viennent à tout détruire à mesure qu’ils avancent dans leur détestation d’eux-mêmes. Alors, débout sur l’édifice merveilleux de la barricade, je mesure, sans indulgence, l’extrême misère de l’homme et de sa femme anéantie. Il plane une odeur de cendre. Et je méprise cet instant subtil et éphémère, lorsque le monde bascule, lorsque l’homme ressemble monstrueusement à l’homme.