Cet homme là compte pour moi.
Je vous parle du pauvre, pas du malheureux qui traverse un malheur, pas du marginal ayant choisit la crasse comme domicile croyant y voir un tonneau. Je vous parle du pauvre, celui d’à côté qui a élimé son gilet à force de coups de brosse et de colère, celui qui se bat les flancs si fort pour en faire tomber cette misère qui s’accroche à lui comme une gale, celui qui regarde perpétuellement son ombre couchée sur le pavé en disant qu’il prendrait bien sa place. Celui qui a gardé deux crocs pour défendre sa dignité, livrant les autres à la tenaille ou aux coups de poings, celui qui malgré tout vous rendra la monnaie de votre charité. Je vous parle de lui pour vous dire qu’il compte pour moi.