TERRA IGNOTA Humeur et parti pris

Ethique

Très moderne, très normal.

Terra ignota transgression

 

La transgression est le résultat d’un jugement, donc d’une limite. La transgression a une parenté louche avec l’éthique. Dans l’univers de la transgression, il n’y a donc pas de place ni pour le rêve, ni pour les utopies révolutionnaires. La transgression n’est ni accusation ni programme. C’est une inclinaison moderne vers le scandaleux, privée de l’inspiration du génie.  Ainsi est né un nouveau genre très moderne, très normal.

Une vie plus haute que la vie

Terra ignota une lame pour les infames

Il faut ordonner tous ses actes à des valeurs absolues, plus hautes que la vie, en ignorant le martyr superflu, la roulette russe et les seins de Lola !

Serments irréfragables

Terra ignota a table

 

La vie est la combinaison de poésie, de vins délétères et de serments irréfragables.

Me convertir en homme

Me convertir en homme

 

Terra ignota me convertirJe m'obstine, chaque jour, à me convertir en homme, à ne pas me corrompre dans une vie vautrée de roulure.

La politique ne peut-être que détestation

La politique ne peut-être que détestation

Terra ignota le totalitarisme se mefie des hommes

La démocratie se méfie des femmes, le totalitarisme des hommes, la théocratie des âmes.

 

Toute une vie

J’ai l’esprit du chrétien et le comportement du barbare, et c’est l’ambition d’une vie que de réduire l’écart.

La vie mêlée de mort

La vie mêlée de mort

Terra ignota la vie melee de mort

La vie mêlée de mort, voilà toute l’humanité engagée, aboutie, intérieure, du militaire, conscient du tragique intranquille de sa condition dans un temps où l’idée de l’homme plonge dans le néant qu’il cherche à combler de petits plaisirs mesquins, d’idoles improbables et d’idées toutes faites.

 

Dangerous, but fun

Dangerous, but fun

Terra ignota dangerous but fun

Et pour tuer le temps, en attendant la mort,

Je fume au nez des Dieux de fines cigarettes

Jules Laforgue

 

 

 

J'ai espoir que tout ce que je dis pourra être retenu contre moi !

J'ai espoir que tout ce que je dis pourra être retenu contre moi !

Terra ignota coupable

Je suis né chez les Augustines, à la fin d’un été. J’ai grandi dans la préface du deuil de ce monde. J’ai côtoyé les soudards de la république, vu ses putains, ses mignons, ses défroqués. J’ai vu vos destructions. Vos soirs d’ivresses ne sont pas mes soirs d’ivresse. J’ai mille nuits bleues contre vos nuits blanches.

 

L'égalité trompeuse

Il y a quelque chose de définitivement vil dans celui qui n'admet que des égaux, qui ne recherche pas avec avidité des êtres supérieurs.

 

Fauves insensibles aux promesses

Fauves insensibles aux promesses

Terra ignota fauves insensibles 2

 

Nous constituons peu à peu un héritage de la revanche que nos enfants viendront réclamer ! Leurs désirs insatiables de joie outrepasseront l’immense plaine des mélancolies contemporaines. Ils seront les prochains géants des grands vents, des tempêtes. Ni charognards, ni prédateurs… fauves insensibles aux promesses

Inutilisable pour la société

Inutilisable pour la société

Terra ignota

Il est doux de songer que l'on reste volontairement inutilisable pour la société.

 

Roger Nimier

Difficile de dénoncer le vice

Difficile de dénoncer le vice

Terra ignota denoncer le vice

 

Difficile de dénoncer le vice après avoir déconstruit toutes les valeurs.

 

 

J’oppose la vie entière à la vie tronquée.

J’oppose la vie entière à la vie tronquée.

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Il y aurait une beauté brune et païenne, carnation chaude et érotique d’amante ainsi qu’il y aurait une beauté blonde et chrétienne à la blancheur lumineuse et sphérique, diffusant une ingénue douceur flamboyante. J’ai pour ma part la conscience du sang, l’extase érotique de la procréation, l’éthique de la fidélité, l’esthétique de la complicité d’une femme unique et précieuse. J’oppose la vie entière à la vie tronquée.

Epouser une grande cause

Epouser une grande cause

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S’il m’arrive parfois d’aimer le corps de certaines villes, leur âme, elle, me répugne toujours. Il faut savoir trousser un compliment comme on le fait d’une jupe, sans se perdre, pour ensuite épouser une grande cause.

La ville, la mer, la campagne ...

 

La mer

Une ville qui ne serait pas tournée vers la campagne ou vers la mer est une ville maudite

 

 

Tête-bêche

Tête-bêche

Religion christine spengler northern ireland londonderry funeral 1972

Je cherche la rue, le boulevard, le gouffre qui me tenteront assez pour que je m’y précipite tête-bêche et sans regarder quel nom, au coin du mur, fleurit blanc sur l’émail bleu.

 

René Crevel

J’appartiens à une amitié ombrageuse et fière

J’appartiens à une amitié ombrageuse et fière

Terra ignota anne magill

L’amitié domestique est une incongruité de politicien. L’amitié est souveraine, ombrageuse, fière, virile, sceptique et secrète. Elle n’est pas un slogan gravé sur les frontons, livrés au regard de tous et salis des fientes de pigeons. Elle cercle les âmes d’un lien robuste, à l’abri d’un serment, d’une fiance entre le cœur et les entrailles. J’appartiens de part en part à cette amitié.

 

Invulnérable

Invulnérable

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Je suis persuadé que ce qu’il manque chez mes contemporains, c’est une once de virilité. Quelque chose qui n’est pas superficiel, déviance, complaisance, désespoir. Je ne dis pas être soudard, je dis être viril, rude, âpre, invulnérable.

 

Sabordage

Sabordage

Sabordage

 

 Qu'on le sache bien, une bonne fois pour toute ; je ne veux pas me civiliser.

 

Arthur Cravan

La solitude bien élevée

La solitude bien élevée

Terra ignota elegance de la solitude

Je crois l'élégance de l’ordre du privé, de l’intime. Elle consiste à se comporter de la même manière au plus profond de la solitude hivernale que dans la société. S’il devait en être autrement, l’élégance prendrait alors le nom de futilité.

 

Car l'heure de leur absolu, de leurs grands cris de rage, a sonné

Il grimpa dans son land-rover 90TD blanc débâché, posa la M40 sur la plage avant, juste à côté de l’icône et prit la route. Quelques heures plus tard, il dévala le chemin vers la mer, dans la poussière d’été de son enfance. La musique de The Decline! fut interrompue par le crépitement du Motorola. Dans une langue codée de moments tactiques et de munitions, un homme parla d’embuscade et de coup de main. Il avança sur le petit chemin qui mène au cœur de la garrigue. Descendu du 4X4, il retourna aux abords de la route. Il se posta.

Dans le village, on l’appelait Monsieur Claude. Un nom de tenancier de bordel. C’était un sanguin, rouge sang de bœuf, un homme gras aux allures de dandy affaissé, la gorge tapissée par les alcools forts, qui organisait des « fêtes » avec des filles, à deux pas de La Jonquera, de l’autre côté de la frontière Espagnole. Sa femme, née à Malaga d’une mère ashkénaze venant de Hongrie, et d’un père Ethiopien, se promenait toujours avec un flacon d’eau de Cologne pour désinfecter les bidets. Monsieur Claude, lui, préférait le whisky, et le sang neuf des jeunes filles. « Ca fabrique des cirrhoses parfumées », disait-il. Jamais monsieur Claude n’aurait pu vivre dans le dénuement. Né dans un hôtel-restaurant sur la frontière espagnole, d’une mère prostituée et d’un père fantasque, il avait fait ses études dans la rue avant de devenir maquereau, puis big boss de la traite de jeunes garçons vers le Moyen Orient. Il jouit désormais du luxe absolu : un hôtel particulier de 600 m2, avec patio et terrasses, situé au pied du Mont Canigou, à l'Ille sur Têt ; et une grande maison d’allure familiale sur la Côte d’Azur, entourée de rosiers, de servantes et de dorures. Les hommes politiques viennent se prosterner devant ses millions et profitent des miettes de jeunes éphèbes que monsieur Claude glisse dans leur lit après les journées de chasse qu’il organise à leur profit.

Assis sur ses talons depuis 15 minutes, il regardait sa montre G-SHOCK, il était bientôt midi. Dans l’odeur épicée du maquis, le bruit du grésillement d'une cigarette lui manquait. Il regardait la route qui montait en lacet vers sa position. Monsieur Claude y passait chaque mercredi, en fin de matinée, pour se rendre dans la vieille chapelle d’Hermitage où il croyait que Dieu l’entendait et surtout lui pardonnait tout, après ses quelques minutes de génuflexions théâtrales. C’était son chemin de croix, fait au volant d’une Jaguar, agrémenté de quinze arrêts qu’il faisait en chemin pour : « relever les compteurs jusqu’à ma résurrection financière » aimait-il plaisanter. Monsieur Claude avait le blasphème facile comme tous les truands sanctifiés bourgeois. Il riait alors, comme il l’avait travaillé devant la glace, toutes dents dehors, avec la lèvre retroussée sur la gencive supérieure.

Ce n’était pas Monsieur Claude que Matthieu détestait, c’était l’idée moderne qu’il représentait. Et à l’heure qui devait marquer le grand retour des héros granitiques et des belles de jadis, il avait choisi d’envoyer symboliquement du 7.62 dans le buste du confort moderne représenté par Monsieur Claude.

La Jaguar XF Pure arriva en contrebas, Monsieur Claude tapota sur la boiserie du tableau de bord en écoutant Live Your Life de Rihanna … Il arma son M40 A3… distance 850 mètres… tira une seule munition. I'm the opposite of moderate cria la chanteuse … timing parfait ! L’écho compta trois répétitions avant que la voiture ne pénètre dans un roncier pour y disparaitre. Matthieu resta sur place jusqu’à ce que le bruit de fond de la nature vienne exorciser le silence.

Ils étaient ainsi une centaine, approchés pour leur absolu, leurs grands cris de rage, le feu grandiose qu'ils allumaient partout, et leur apparence de prophète. Les passions politiques sont des rumeurs, alors ils avaient choisi d’agir… sans expliquer. Ils avaient choisi la grande saignée cosmique à la Roger Gilbert-Lecomte. L’heure a sonné. Une cible par personne, c’est le premier pas : politiques, maquereaux, banquiers, communautaristes, journalistes, pédérastes, clandés, militants, avocats, juges… ils commençaient par le plus sale.

 

Sécession pour l'exemple

Sécession pour l'exemple

 

Terra ignota sans aristocratie

Je suis las de vivre dans un pays sans aristocratie.

Un âme d'écorcheur

Un âme d'écorcheur

Terra ignota le secret de mon ame

Je ne lis que des livres où les personnages sont des écorcheurs espérant confusément y trouver le secret de mon âme.

 

Ne craindre ni la sacralité, ni les sentiments.

Terra ignota ne crains ni la sacralite ni les sentiments

Le fond de mon enseignement consistera à te convaincre de ne pas craindre la sacralité et les sentiments, dont le laicisme de la société de consommation a privé les hommes en les transformant en automates laids et stupides adorateurs de fétiches.

Pier Paolo Pasolini

 

 

Orgueilleux, je me voyais du siècle des barons

Orgueilleux, je me voyais du siècle des barons

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Orgueilleux, je me voyais du siècle des barons, des brigands et des explorateurs, du siècle fort. Je rêvais d’espaces vierges à conquérir monté sur des purs sangs. Je chargeais aux côtés d’émérites autant que vertueux bagarreurs. Je ne voulais que d’étranges mots rugueux qui démolissent et des sabres qui tranchent sans autres pensées que celles de vaincre et bâtir. Je n'étais aucunement  prédestiné pour cette époque molle, fade, manquant de virilité et d'ardeur. Je n’étais pas prévu  sous cet angle où les inutiles guerres horizontales servent à éviter les saines révoltes verticales. Je n’ai rien à faire dans cette époque où l’on ne pense qu’à défaire. Je ne cautionne donc ni les soubresauts ridicules ni les idées vagues défendues par le monde ces derniers temps. Je vous demande d’ailleurs de prendre connaissance de mon message à la communauté internationale : je déclare officiellement mon indépendance. Et voyez mon orgueil comme étant la raisonnable récompense du maintien de ma dignité. Cette décision prend effet aujourd’hui à minuit.

 

Se soustraire à la politique, rend apte naturellement aux hautes valeurs

Se soustraire à la politique, rend apte naturellement aux hautes valeurs

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Parler de politique revient à manquer de conversation. L'élégance, les bonnes manières et l'assurance devraient suffire à nous reconnaître.

 

Me saouler au vin d’honneur et imposer le romanesque joyeux.

Me saouler au vin d’honneur et imposer le romanesque joyeux.

Terra ignota concasseur de machoires

Je rêve de forêts de pendus, de collines de pals, de réverbères garnis comme des mâts de cocagne où gigoteraient tous ces sybarites mollement contemporains, sans aucune volonté pour se contraindre, aux épaules de pleutres coulant sur des omoplates avachies. Je veux massacrer ces diseurs de bonne aventure qui se soumettent, s’avilissent et se corrompent sous couvert d’une innocente débauche, prenant la certitude de la mort comme excuse de leurs reniements. Je veux me répandre sur la ville, concasseur de mâchoires, briseur de trêve, et imposer le romanesque joyeux d'un Athos membre de l'Ordre de la Jarretière et de l'Ordre du Saint-Esprit. Et là, me saouler au vin d’honneur ! Etre alors rayonnant de tortures, comme un homme !

 

Le gros cul des écrivains

Terra ignota l encre et la plume1

Auteur, j’aime bien ce titre. En littérature, il laisse entendre bien de choses que le mot écrivain masque derrière son gros cul. Faut-il souligner que ce nom est du même arrondissement que l’artiste – dans le 1er du dictionnaire s’il vous plaît - et qu’il peut être entendu comme auteur d’un crime ou auteur d’un écrit. C’est d’ailleurs cette ambiguïté qui me charme, quand on sait que le crime pourrait être d’avoir botté le cul d’un écrivain. Auteur de crime de lèse-majesté. Mais dans cette caste, j’avoue une préférence pour l’auteur de roman ou de romans selon l’inspiration. Cette particule donne un air aristocratique, dégagé qui convient à une certaine insolence.

 

Moines-soldats, beatniks céliniens et dandies grandioses

Moines-soldats, beatniks céliniens et dandies grandioses

Terra ignota beatnik celinien

J'ai un penchant irraisonné pour les héros picaresques qu'ils soient moines-soldats, beatniks céliniens ou dandies grandioses du bout du monde. J'aime leur absence de vanité dans la révolte, leur propension à faire coexister le fabuleux de chaque époque, leur art de vivre détaché des pesanteurs. J’admire que ces amants brûlés aux fièvres d’un amour unique, soient également ceux qui versent toujours joyeusement leur sang avec l’abandon des hommes incurables.

Le dernier exemplaire d'une dynastie qui croyait en la générosité !

Le dernier exemplaire d'une dynastie qui croyait en la générosité !

Terra ignota corto

 

Peut-être suis-je le dernier exemplaire d'une dynastie complètement éteinte qui croyait en la générosité ! ... en l'héroïsme !

 

Hugo Pratt, Corto Maltese

 

Et ce sont les violents qui l'emportent.

Et ce sont les violents qui l'emportent.

Terra ignota 1965

 

Indifférent, je me tiens à l'écart du monde en me faisant escorter d'une louve croqueuse de vie et de deux géants capables de couper un bœuf en deux.

 

Nous étions de jeunes gens de grand chemin

Nous étions de jeunes gens de grand chemin

Terra ignota instruction pour la guerre civile 1

Nous étions de jeunes gens de grand chemin, indociles, aux aguets, fascinés, à l’appétit sans scrupule. Nous fréquentions le dehors buissonnier pour modeler des chemins sans nous porter garant de rien. C’était l’heure de sortir de soi avec avidité. Nous avons côtoyé les saccages, l’effraction, les camps-volants, les maraudes, l’absolutisme, les assauts, les nuits au bivouac, les escales repues, l’amour d’une femme et le goût de voir nos fils grandir. Aucune veille ne nous a épuisés, rien n’est venu rétrécir nos aspirations, aucun alibi n’est venu nous excuser faussement d’une désertion quelconque, aucune valeur n’a été répudiée. Nous avons été de beaux combattants de première ligne, sans scrupule inutile, le poing sans mesure, le cœur grandiose.

Nous sommes là, maintenant affichant solidement notre vigueur de condottières aguerris. Debout, sans jamais avoir abdiqué malgré nos excès en tout. Nous sommes là, à voir nos vies mêlées à cette génération qui galvaude les mots qui ont mené l’assaut à nos côtés, qui démantèle les redoutables figures de proue de nos navires, qui dément nos enfants, dénature nos femmes, efface ce que la vie a de plus subtil, de plus fragile, de plus élégant, de plus racé. Ils ne sont pas la génération future mais celle  qui a grandi à nos côtés. Ce n’est pas un procès de la dernière jeunesse, c’est celui de notre génération.

Nous avons vu les fumées des bastions défaits, les danses nouvelles où les pitres remplacent les prêtres, la dérive de ces continents que sont les normes et les valeurs, l’ensemencement scientifique de tout : maïs, femmes, génisses, sans distinction. Nous avons tenté de trouver un sens à tout cela, même contraire, ou une illusion de sens ; mais il n’y a rien. Alors nous avons cherché la confrontation, le défi, la guerre, pour mener le combat contre cette nuée évanescente, instable. Nous n’avons discerné aucun adversaire solide et il n’y a aucun idéal, hors une infâme vigilance présomptueuse pour mener en toute quiétude une quête éperdue d’un chaos nihiliste plié à leur mesure. Aucun levain, aucun espoir hors celui de trouver l’or dans les brèches, l’illusion d’avoir brisé tous les modèles, d’avoir modelé la nature, la nature de l’homme ; d’être libre parce que dépossédé de tout, même de soi… pour ne voir que son propre reflet stérile, androgyne, chimérique, magnifié dans l’inexistence et le reniement des différences. Alors « on » (ce maudit « on » qui se veut captif)  s’éclaircit l’anus à coup de laser, on se rabote le gras, on se fait des faux-culs, on se modèlise les pectoraux et les seins. On s’expose, se renifle le derrière, on mange du quinoa-Monsanto, on regarde la même télévision, on écoute la même musique, on exige le même salaire, les mêmes vacances, les mêmes enfants pondus par des femmes-marchandises exotiques. La génération en place rêve de prothèse, de calibrage, de clonage allant du même au même… la génération en place rêve d’élevage en batterie…

Le démenti encore pubère viendra de nos enfants qui remuent les couteaux dans le repliement des feux que l’on a préservés. Nous leur apprenons la forge, le feu et la guerre.

Le Zapoï journalisme, une sorte de Gonzo journalisme écrit par un européen décomplexé

Le Zapoï journalisme, une sorte de Gonzo journalisme écrit par un européen décomplexé

Terra ignota zapi journaliste

Je voudrais voir émerger une écriture différente que je nommerais bien volontiers le Zapoï journalisme. Une sorte de Gonzo journalisme écrit à la première personne du singulier, par un européen décomplexé qui prendrait le risque insensé de l'introspection au fil de ses dérives de Brest à Vladivostok en passant par Berlin et les vieilles terres romaines et grecques. Un journalisme de damné, sans soutien, étranger à toute capitulation, lucide, exposé à la subjectivité de l'immersion nostalgique dans la vodka et la franchise. Un reportage sans concession, impudique, dans les plaies non cautérisées de l’occident… sans repentance, sans exigence, sans indignation, défait de toutes les culpabilités, inconscient de tous les diktats consensuels. Un journalisme qui dépasserait le drame intimiste et qui serait un véritable appel à l’aventure intellectuelle non prédéfinie.

Une occupation délicieusement abrupte entre la vocation et le dilettantisme.

Une occupation délicieusement abrupte entre la vocation et le dilettantisme.

Terra ignota attitude panache

 

Existe-t-il de bons emplois pour une vie ? Je veux dire autre chose qu’un métier de subsistance. Quelque chose entre la vocation et le dilettantisme. Une occupation délicieusement abrupte pour laquelle il reste possible de se hausser sur la pointe de valeurs extrêmes, où l’on ressent vaguement l'évidence brutale de l’aventure, de la vie tumultueuse. A-t-on découvert plus pure profession que celle de bénédictin, meilleure situation que celle d’écrivain maudit, plus enviable condition que celle de mousquetaire, meilleur projet que celui de dandy désinvolte ou de cap-hornier ?  

 

...pour Julius Falco

Le célibat, cet enlisement tragique !

Le célibat, cet enlisement tragique !

Terra ignota admiration par aaron allen westerberg 1

Ah ! le célibat, cet enlisement tragique, cette désolation, ce pathétique journal de la médiocrité aux plaisirs anxieux, confondant les petites habitudes et les grandes traditions, végétant dans une maison de famille parée d’antiquités aux grands airs bourgeois… Vous en avez surement croisé de ces célibataires à « l’irritabilité nerveuse de petite maîtresse ». Misogynes coincés entre une lecture homosexuelle et une appréhension onaniste de la vie amoureuse, songeant, coupe papier au clair, à une vie ombrageuse, aventureuse. De ces collectionneurs de soldats de plomb qui, n’ayant jamais trempé dans le moindre bain d’animalité, de virilité, ayant rêvé de devenir guerrier, puis chasseur, puis collectionneur d’armes, terminent porteur de gerbe auréolé d’un grand prestige auprès de mille putains suries qui finissent par faire un portrait cubique d’une femme jamais réellement approchée. Saloperie d’ersatz de vie qui ressemble bien moins à un parcours initiatique qu’à une suite de faux départs.

Je les hais ces vieux garçons à les entendre prêcher leur vice en jouant de la confusion des termes avec le solitaire, l’ermite ; d’avoir séquestré le mot solitude pour l’abuser ; d’avoir usurpé la réputation d’illustres excentriques pour se parer de leur similitude approximative. Je les déteste ces vieux beaux d’avoir participé, sous couvert de libertinage, à la profanation moderne de la femme pour y placer leur culte du nombril. Plus encore d’avoir contribué à la désacralisation du mariage tourné en mascarade de burlador, pour prescrire leur dépendance aux cartes postales pornographiques, leur attachement aux collections de timbres exotiques, leur inclination à la consommation d’un compte épargne-temps dédié aux lectures mal assimilées, au golf et aux voyages interlopes. Je les vomis ces vieux égoïstes décadents, oisifs perdus au fond des saunas, des fins de soirée et des fauteuils club… incapables finissant leur cycle, sans enfant, en patinant de vieux chiens et de jeunes pages entre deux giclées de mélasse stérile.

 Comment notre société en est arrivée à draguer ces tâcherons de l’individualisme ayant abandonné la vie par succession de petits caprices ? Comment ces déserteurs de la bastide familiale, ces ilotes coincés entre les laids et les médiocres, ont-ils pu colporter l’idée qu’il pouvait exister une éthique du célibat en dehors de celle des ordres religieux ?  Comment expliquer cette adoration de soi proposant comme règle une série de variations sur le thème d’un moi libidineux, étriqué et cruellement dépourvu d’ambition.

 Laissons crever les célibataires, la réalité de la bastide et du clan est une expérience à tenter ! Celle qui va de quelques moments de solitude à l’extrême de la solidarité, celle faite de sang, de joie, de sueur et de larme. Celle du courage de l’amour unique d’une très belle femme absolument intolérante, faite de maintien, de corps et d'esprit. La plus belle femme est une déesse joyeuse baignée dans une infinité de féminités... ses seins font d’elle une mortelle. Dieu que ma femme est belle ! La puissance de la joie est ici. Seul l'amour achevé est parfaitement romantique... On se fout des principes de la modernité portés par ces arides personnages, on veut des lignes de folk, l'amour, la littérature dégagée, l’amitié, l’art. Revenir à la base, se gorger de ce partage. Pour la vie, seul compte l'ordre naturel d’une femme et d’un homme unis, la beauté naît de cette équation.

Devoir quotidien

Devoir quotidien

Terra ignota tenir l exigence

Tenir l’exigence, ne pas abdiquer. Sinon qui nous consolera de nous-mêmes ?