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Mort

La vie mêlée de mort, voilà toute l’humanité engagée, aboutie, intérieure, du militaire, conscient du tragique intranquille de sa condition dans un temps où l’idée de l’homme plonge dans le néant qu’il cherche à combler de petits plaisirs mesquins, d’idoles improbables et d’idées toutes faites.
Les plus morts sont de grands vivants

Courtiser la mort, voilà une belle éducation qui se fiche bien de toutes les recommandations de douairière, de tout cet orgueil contemporain étrangement retiré de la vie. Elle a quelque chose d’affranchi qui ressemble, à s'y méprendre, à l’espoir d’un salut, où l’homme sans fard prendrait conscience de lui-même, de ses corps et de ses âmes, dans une continuité grandiose et pudique.
Leçon d'élégance : Les boutons de manchette

Se méfier des grandes causes, qui occupent abusivement la place, et réhabiliter les petites : les boutons de manchette, par exemple.
François Bott, Mauvaises fréquentations (Manya 1992).
Rendez-vous place des martyrs !
Ce qu’il faut, c’est un mort ! un beau mort avec un millier de vers grouillants. On sous-estime toujours la propension du peuple à se bouger pour un beau mort, un martyr ; à réinventer un monde avec des saints à venger dans le sang, avec des héros à clamer dans la guerre.
Actualité : NDFMPFV, ça pue le logo d'un service de police proto-soviétique
Fascinant de voir avorter, et aujourd’hui euthanasier, sous le juste, le bon et le très sélectif sceau républicain… NDFMPFV, ça pue le logo d'un service de police proto-soviétique. Les Nouveaux Droits en Faveur des Malades et des Personnes en Fin de Vie, c'est la chambre des condamnés à mort sans témoin, la solution finale étatique : souriez, soyez digne, on va interrompre votre fin de vie ! Signé : la république reconnaissante.
Foutez le camp de nos couffins et de nos lits de mort ! Nous n’y invitons ni gendarme, ni juge. Nous avons l’habitude tragique de la mort, comme celle du rite festif de la naissance. A l’heure du glas et des funérailles à visage découvert, nous mettons tout notre amour dans la prière d’adieu et notre rage dans les voceri qui sont nos chants de larmes, de rage et de colère. Quand vous entendez les sonnettes des enfants de chœur, contentez-vous de vous mettre à genoux devant le cortège… avec humilité si vous en êtes encore capable.
Les enfants gâtés sont des tueurs en série
Tout narcissique est d’abord un enfant gâté, un tyran. A l’âge de raison il devient tueur en série ou criminel de guerre.

De la traînante crainte de se livrer naît cette grimace de l’honneur, fierté sanglotante pour laquelle nous sommes prêts à mourir.
Les bons comptes font les bons vivants !

Regardez la mort, elle se relève à chaque fois, après chaque mise en terre elle reprend le travail. La vie doit faire pareil... mieux, être plus forte... deux enfants pour un mort et c'est la vie qui gagne... et pas 0,99 ou 1,99. Les bons comptes font les bons vivants !

Convoquer les quatre Cavaliers de l’Apocalypse pour former lLa garde éternelle de l’étendard de mes convictions.
Le romantisme pousse toujours sur les champs de ruines : les châteaux effondrés de la monarchie, les colonies perdues de l’empire, les statues décapitées de Praxitèle et les reniements de la république. Le romantisme est un sentiment de vaincu, un goût de mort dans la bouche de la jeunesse. Je crois que son seul bienfait est l’éloquence qui le porte, coquetterie lugubre aux frémissements terribles des chants de morts.
Louis RICARDOU, pupille de la nation, ancien légionnaire, amputé d'une jambe, réussit à se faire admettre comme mitrailleur dans un bombardier du Groupe de bombardement Lorraine, squadron 342. Son Boston est abattu au cours d'une mission de harcèlement au-dessus de Falaise, dans le Calvados, le 5 août 1944. Il avait 34 ans lorsqu'il est mort au champ d'honneur après trente-deux missions de guerre...
En ces temps inconsistants, j'ai besoin d'exemples !
Je veux mourir debout ! Cela semble étrange comme idée, voire stupide si l’on admet que la mort est une chute, que la vie a cette balistique fatale faite de trois mouvements dont le premier, violent, explosif, est ascensionnel puissant et mécanique, le second, appelé longtemps par les canonniers le petit bout indéterminé avec sa courbe imprévisible, est là-haut balloté dans les couches des souffles inattendus, et le dernier enfin, pur ou naturel, est descendant, gravitationnel, glissant naturellement vers le sol que la vie viendra finalement transpercer, où elle ira s’enterrer. Je n’aime pas cette vision déterminée sur les seules certitudes d’abaques mathématiques. De façon empirique je retiens trois points essentiels à la vie : la poussée initiale doit être provisoirement violente, les corps légers s’élèvent et les astres ne tombent pas. Voilà ma trajectoire tendue, faite pour apprendre à se tenir droit, fier, en avant, tête haute ! La chose est maintenant moins absurde à être écrite ainsi : mourir debout face aux avachis, aux Assis, comme les appelait Rimbaud, tressés avec leurs sièges, trajectoires en cloche comme des jets d’urine.
Le marbrier n’a pas été convoqué pour mettre à jour la longue litanie des « morts pour la France » sur les monuments de nos villes et villages. Peut-être parce qu’on ne meurt plus pour la France mais pour d’autres femmes plus vénales. Alors forcément les élèves ne viennent plus réciter cette liste tragique lors de la fête estivale de juillet, que l’on appelait autrefois la fête nationale. Les vieilleries de grand-père ca sent le moisi pensent-ils sans se rendre compte que leur père ou leur frère est mort hier ou ce matin dans une odeur de poudre.











