Dieu

En religion, je préfère les fidélités insolentes aux dévotions soumises ! Je suis un croyant frondeur, irrévérencieux, qui convoque Dieu, avec une familiarité rugueuse, au Bar de la Plage comme à l’autel. Et ce Dieu, je le veux allié de mes colères plutôt qu’un Dieu de catéchisme. Je crois avoir développé une certaine familiarité virile et ironique avec lui lorsque nous dialoguons sur les ruines du monde moderne. Certaines nuits, j’entends murmurer « J’attends, je reviendrai par vos fissures, par vos foudres, par vos fils et par vos filles ». Avec une prétention démente, je suis persuadé qu’un Dieu a entendu mes emportements et qu’il me répond !
La mer, comme le désert, sont monothéistes

La mer, comme le désert, sont monothéistes. Les petits dieux arrogants sont faits pour l’égoïsme de la ville et l’enfermement du bocage.
La terrible maturité mélancolique des orphelins aboutit toujours à la quête du père. Et tant qu’à faire, ces enfants livrés trop longtemps aux vacances, veulent un père viril, exigeant et valeureux. Tout cela se lit à nu dans l’aplomb provocant de la grondante génération d’aujourd’hui. Évidemment, l’Histoire seule offre un père, et nous connaissons par cœur et sang tous les pères en stock ; on s’est tellement employé à les castrer au cours de ces dernières décennies. Désabusés, les rejetons chercheront un Dieu. Ce qui importe maintenant, c’est de savoir quel Dieu est disponible.
Une fraternité, insensible aux mauvais courants du monde

J’ai toujours rêvé de l’existence d’une société secrète, qui se rencontrerait dans des lieux sombres parfumés d’effluves mêlant l’opium, l’encens et le soufre ; un clan, un peu obscur, qui serait le repaire de chevaliers venus d’un autre siècle, échoués sur les rivages pollués du monde moderne ; une fraternité, insensible aux mauvais courants du monde, fondée sur la quête de la Justice, de la Beauté et de l’Ordre juste ; bref j’ai toujours rêvé de l’existence d’une famille, amante de la pénombre, dont les membres brûleraient ensemble du même feu qui les habite.
Les prémices d'un requiem tragique

Il n'était encore qu'un soldat, avant de devenir un soldat perdu....Tout, ici, respire les prémices d'un requiem tragique !
Patrick Mahé, Les Oies sauvages meurent à Mexico
(Hommage à John O'Reilly du Bataillon Saint-Patrick, alias les San Patricio).
Fallait pas assassiner la charité chrétienne

M’emmerde cette déclaration des droits de l’homme, celles du Conseil de l’Europe et la phraséologie creuse des collectifs communautaristes… la pauvreté est là ! Elle pue ! Il faut la déloger à coup de solidarité, la chasser manu militari des culs de basses fosses, à grand renfort d’entraide.

Tous prônent l'exaltation dans la déchéance, dans la profusion sexuelle, au nom d'une liberté violée et profanée. Je revendique l'ivresse de la grandeur, celle que l'on connaît dans la relation avec une femme ardente, une femme unique.
C'est le Diable qui prend du terrain
Sans arrêt les sens sont convoqués au parloir. Regardez, sentez, goûtez, écoutez, touchez ! Harcèlement des hommes lustrés, des femmes exhibées, des congés azuréens, blancs et soleil, et du racolage pignon sur rue. Tout le monde sous les néons, il faut exciter les sens en permanence, ne pas laisser respirer, réfléchir, aimer, agir. La vie a quitté ce monde d’entre les morts, la frontière est abolie, les nuées sensuelles règnent ici. Ce n’est pas Dieu qui est mort mais le Diable qui prend du terrain. C’est la frontière entre le bien et le mal qui s’estompe. Je veux retrouver la terre des Dieux, je suis à l’affût des humains, ne me soumettrai pas à cette vie.

Attendez seulement que je sois désigné comme héraut des troupes qui campent aux marches de vos blocs de béton ! Attendez encore un peu, que mon choix soit fait entre la tentation ascétique d’une quête spirituelle, et celle, destructrice, du sang, de la violence et du pillage. Alors, lorsque j’aurai rompu l’exil que vous m’imposez pour me plonger dans l’ivresse des invasions, craignez, hommes gavés, lourds et engrossis d’inutile et de futile, la confrontation, l’appel exigeant d’une jeunesse avide d’idéal.
















