Révolte

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Je défendrai toujours l’homme privé contre le citoyen, l’homme libre contre l’homme public ligoté à l’État.

Tout conspire au reniement des civilisations

Terra ignota bastide fortifiee

Tout conspire au reniement des civilisations, à l’abandon des héritages, à l’effacement des humanités partagées, à la désunion des hommes et des femmes, à l’affrontement des générations, à la négation des notions communes enracinées dans la nature humaine. Puis, les esprits renoncent, les sensibilités se ferment. Les valeurs sont placées sous surveillance. On sent venir le mur des fusillés. On entend déjà les culasses qui claquent. Les dogmes brutaux s’installent. L’odeur de cendre rend l’air irrespirable. Dans ce temps-là, un cercle de résistances respire dans les interstices d’air encore pur : la famille, le clan, la bastide fortifiée, la terre. Leur seule réunion, lève un espoir de grandeur morale, de civilisation, dans ce chaos de destruction.

Joyeuse sédition selon Matthieu (Fin)

La balle fracassa le crâne de Jovis au moment où Briga allait annoncer le discours. Elle ne comprit pas ce qui se passait. Le sourire de Jovis était encore présent sur son visage ouvert en deux. Matthieu était toujours l’œil rivé à sa lunette, désolé d’avoir tué, ne ressentant aucune d’ivresse, totalement affranchit de ses contrariétés liminaires. Il croit et il agit, ses épaules étaient suffisamment larges pour supporter tout le poids de ses choix ancrés dans la légitimité, sans regard sur le détail de leur légalité. Aucun ange émissaire ne pouvait retenir sa main une fois une décision arrêtée.

Le tumulte imprégna rapidement toute la Pépinière, la smala virevolta autour du corps du Président, comme des papillons pris dans un faisceau de lumière. Briga restait sidérée, bouche ouverte, recouverte du sang de Jovis. Dans le lent ralenti de la chute du corps de Jovis elle vit s’effondrer tout son nouveau monde qui fit reparaitre, derrière les décors, les vielles peurs des humiliations. Elle hurla à pleine haine, plus que de tristesse.

Nous allumerons des incendies !

  • "Nous allumerons des incendies, nous répandrons des légendes "

  • Stravoguine dans les démons, de Dostoievski.Terra ignota grand incendie

Laisser prospérer le Mal

Laisser prospérer le Mal

Antoine charbouillot

Intuition palpable que pour protéger le monde, il convient de laisser prospérer un peu le Mal, la damnation de ses péchés capitaux.

Hold-up

Hold-up

Terra ignota hold up

Jeune, il faut beaucoup s'être approprié.

Joyeuse sédition selon Matthieu (Part 3)

Briga regardait Jovis. Plus exactement, elle le scrutait, décryptant dans ses traits tous les signes des faiblesses qu’elle connaissait par cœur. Le maquillage ne voilait rien, il creusait même, en fin de journée, des sillons épais qui laissaient tout deviner. Le cabotinage lorsqu’il avait cette mimique ridicule de garçon boudeur, les hésitations lorsque les yeux s’ouvraient trop arrondis, la peur lorsque les narines se dilataient et qu’il semblait perdre haleine, le ton agressif qu’il prenait, le petit rictus hautain qui lui creusait la joue et lui fermait les paupières. Il n’était pas beau, car il transportait à la fois trop de méchanceté et d’ignorance pour l’être. Il était une grimace qui n’arrive pas à se poser. Il n’était pas beau, mais il avait de la chance. C’était d’ailleurs toute son histoire récente. Porté par les trusts, flatté par les medias, il avait profité du système électoral défaillant de la démocratie pour être porté à la Présidence d’un pays avec 16% des voix. Depuis lors, il gouvernait sous téléguidage d’éminences grises dont la non-traçabilité rendait impossible l’identification. Il était donc officiellement le seul despote éclairé de ce coup d’Etat démocratique. Le lot habituel des alliances perfides, lâches, ainsi que les rêves mièvres et superficiels de la société firent échouer toutes les âmes en peine à ses pieds. Après le très court printemps, vint la saison de la répression qui coïncida avec la fin de la grande pandémie de coronavirus.

 Briga était charnellement à Joris depuis les plus tendres années de ce dernier à qui elle avait fait découvrir son corps de femme. Les usages l’avaient pointée du doigt. Les ricanements avaient fini de l’aigrir. Elle avait gardé le goût des jeunes hommes, lui avait développé un rejet de la femme-amante au profit de celui de la femme-mère dont elle avait endossé l’habit. Elle portait en détestation tout ce vieux monde qui l’avait emprisonnée dans ce rôle de vieille fardée, attifée des robes les plus chères qui ne pouvaient cacher des fesses plates, des yeux enfoncés dans les orbites, des perruques ridicules. Son ventre récalcitrant lui avait refusé toute descendance légitime. Mais le légitime, elle s’en fichait. C’est pour cette raison qu’elle avait exigé que Jovis lui trouve une fille à adopter. Jovis, qui ne se sentait investi d’aucune mission procréatrice, vit dans cet événement un nouveau moyen d’exister différemment de ses prédécesseurs. L’intronisation de leur fille portait la revanche de Briga et la boulimie d’événementiel de Jovis. La révolte des Salafs et des Chaotistes n’y changeraient rien. Comme la fronde des Opposants, elles seront matées dans un succédané de justice. La force de Jovis était dans l’infatigable discorde des Français autant que dans ses soutiens invisibles, créatures qui venaient s’enrichir du chaos et du sang répandus. La pandémie avait arraché les derniers restes d’humanité de ce monde. Il se sentait en droit d’imposer, pour le bien des survivants.

Conservatisme révolutionnaire

Terra ignota conservatisme revolutionnaire

L'état de grâce de l'hédonisme confortable du capitalisme et du progressisme prend fin ! L'inquiétude écologique fait renaître la peur du chaos, du manque, de la misère, qui sont les ferments des révolutions. Le règne de la consommation, des médias, disparaîtra dans l'état d'urgence d'une lutte immédiate, dans l'engagement total d'un conservatisme global.

 

Ni gueux, ni maître !

Ni gueux, ni maître !

Terra ignota ni gueux ni maitre

Je n’aime ni les écuries, ni les chapelles ; leurs ambitions vaniteuses encombrées de certitudes, de la volonté de plaire. L’œcuménisme des confins, ces lieux brumeux où l’esprit s’évade dans le murmure d’âmes déchirées et de vigies héroïques, me tourmente.

 

L’idée d’éternité

L’idée d’éternité

Terra ignota ephemere

Nous allons devoir consacrer un certain temps à retrouver l’idée d’éternité dans cette société de l’éphémère.

 

À l'aurore nous entrerons dans les villes !

À l'aurore nous entrerons dans les villes !

Terra ignota bonnee annee 2021

À l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides Villes (Arthur Rimbaud) - Bonne année 2021

J’aimerais plonger dans l’Inconnu !

J’aimerais plonger dans l’Inconnu !

Terra ignota j aimerais plonger dans l inconnu

J’aimerais plonger dans l’Inconnu ! Tous ces conforts m’écrasent, m’étouffent !

 

Erza Pound

 

L'aventure, la guerre et la révolte

L'aventure, la guerre et la révolte

Terra ignota aventure rusticity adventure

L’aventure, la guerre et la révolte sont les dessous affriolants de toutes les grandes civilisations.

 

Dernier sursaut esthétique

Dernier sursaut esthétique

Terra ignota art deco

La révolte Art déco aura été probablement le dernier sursaut européen de légende, de grandeur, de mystère et d’esthétisme.

Se regarder minuscule, ratatiné,

Se regarder minuscule, ratatiné.

Terra ignota ticket to anywhere

 

Je ne veux pas m’émietter en de petites choses quotidiennes, fades et répétitives. Il faut haïr une société qui oblige chacun à se regarder minuscule, ratatiné, sans offrir l’opportunité intellectuelle de s’élever à une dimension supérieure : la vie collective, instinctive, la culture supérieure, la civilisation. Il n’y a plus de chemin qui élève, qui initie, mais des parcours arbitraires, sans cohérence, qui vont de soi à soi en passant par le loisir et le travail.

J'ai espoir que tout ce que je dis pourra être retenu contre moi !

J'ai espoir que tout ce que je dis pourra être retenu contre moi !

Terra ignota coupable

Je suis né chez les Augustines, à la fin d’un été. J’ai grandi dans la préface du deuil de ce monde. J’ai côtoyé les soudards de la république, vu ses putains, ses mignons, ses défroqués. J’ai vu vos destructions. Vos soirs d’ivresses ne sont pas mes soirs d’ivresse. J’ai mille nuits bleues contre vos nuits blanches.

 

A l'abattoir ! A l'abattoir !

A l'abattoir ! A l'abattoir !

Terra ignota sacre coeur

L'homme débarrassé de toute trace de religion, consciente ou non, est bon pour l'abattoir des grandes guerres démocratiques.

 

Je hais cette époque

Je hais cette époque

Terra ignota je hais cette epoque

L’homme moderne a pris toutes ses précautions contre le sublime.

Abel Bonnard

 

 

Banquette 612

Banquette 612

Terra ignota photo tomislav grzunov

Ai croisé un jeune d'aujourd'hui : dépeigné de plusieurs jours, avachi des paupières, les chairs déjà molles, sérieux, le nez mal planté, le menton fuyait là où le sourcil avançait planté sur une arcade sombre. Large bouche, dents espacées, lèvres colériques et bleues, aucune harmonie ne venait lier chacun des traits. Un pilier du genre ! Enfoncé dans une nonchalante affligeante, il ne faisait manifestement aucun effort pour tenir une posture. Ses formes épousaient exactement l'air du temps et le fauteuil pullman 612 du navire de traversée vers la Corse. Il dévisageait chaque passager, essayant de trouver chez eux quelques points communs qui pourraient l'ancrer dans l'espèce humaine. Las, il s'exhiba avec un magazine faisant l’apologie du spécisme.

Je glissais ma main dans mon vieux sac bergam, pris un papier bristol et rapidement je griffonnais " On ne tombera qu'après avoir osé de grandes choses". En toute discrétion, je fis pousser la missive vers le passager 612, par le biais d’un personnel de salle. A la lecture de l‘aphorisme de Sénèque, le jeune balaya la salle, l’œil enfiévré. Il s’était relevé, le torse bombé, le menton fièrement dressé, la mâchoire serrée. Je venais de lui offrir quelques promesses viriles de cicatrices d’homme. Je pris une rasade de rhum de ma fiole et me tournais vers le grand espace marin. 

 

Difficile de dénoncer le vice

Difficile de dénoncer le vice

Terra ignota denoncer le vice

 

Difficile de dénoncer le vice après avoir déconstruit toutes les valeurs.

 

 

Je vous laisse à vos gouffres, à vos os et à vos cauchemars !

Je vous laisse à vos gouffres, à vos os et à vos cauchemars !

Terra ignota y vivre bruyamment

J'en ai soupé de l'authentique, de l'écriture équitable produite les doigts crispés sur la minute inédite, l'œil exorbité sur l'instant insane, les babines retroussées sur un cadavre exquis, une souffrance photogénique. Marre de reluquer la pourriture du monde, de trainer tous les regards vers le bas. On amplifie le râle du monde, on y taille des bannières que l’on met devant la troupe docile et enivrée de larmes amères. L’origine de ma rage est là, car j’aspire à affronter plus grand que moi, à me consumer dans les éthers, à voler en éclats. Je veux être moi sans condition et dans une multitude de mondes. Y vivre bruyamment en dansant, en riant, et en vous maudissant. Je vous laisse à vos gouffres, à vos os et à vos cauchemars.

 

En ces temps pressés...

En ces temps pressés...

Terra ignota les longues heures

 

En ces temps pressés, je me fabrique de longues heures.

 

 

Où passer sa jeunesse, s’il n’y a plus de combat perdu ?

Où passer sa jeunesse, s’il n’y a plus de combat perdu ?

Terra ignota une epoque ou se perdre

La révolution : elle n’existe pas, la garce. Et cette absence absolue d’illusion ne me satisfaisait pas, moi qui voulais m’arrêter au bord d’une époque profonde où me compromettre, m’abandonner ou bien me perdre.

 

NB : Ecrire une lettre de reniement à ma génération !