Je n'ai jamais aimé l'esprit de sérieux, ni même le goût de ce qui est utile. Il faudra bien un jour, si l’on veut respirer librement, qu'on revienne à ce qui ne sert à rien d’autre qu’à la poésie, et au canular.
La liberté est bien loin de n'’être qu'un concept politique gravé ostensiblement sur les frontons des bâtiments officiels. Elle est essentiellement une forme poétique de l’existence, un état gazeux étranger à l’univers matériel, un royaume tempéré car imparfait, un appel du grand large.
La liberté n’est plus une passion présente à la conscience de la jeunesse, comme elle n’est plus la voix d’accès à la vérité de l’existence dans le monde adulte. Que nous ayons fini par penser la question de la liberté en terme d’équilibre et non plus d’aventure, est un signe inquiétant de l’avancée de notre décadence.