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L’éthique n’est pas une morale de l’inhibition
L’angélisme éthique que l’on prête aux icônes exemplaires comme le sage, le héros ou le saint, néglige l’orgueil des stoïciens, la fureur des condottieres ou la chevauchée des cavaliers de l’apocalypse. C’est pourtant dans ces coulées incandescentes qu’il faut prendre ses postures singulières. L’éthique n’est pas une morale de l’inhibition mais plutôt une sublimation, une tension permanente entre sagesse et instinct, entre devoir et désir et qui excède la vie confortable.
Louis RICARDOU, pupille de la nation, ancien légionnaire, amputé d'une jambe, réussit à se faire admettre comme mitrailleur dans un bombardier du Groupe de bombardement Lorraine, squadron 342. Son Boston est abattu au cours d'une mission de harcèlement au-dessus de Falaise, dans le Calvados, le 5 août 1944. Il avait 34 ans lorsqu'il est mort au champ d'honneur après trente-deux missions de guerre...
En ces temps inconsistants, j'ai besoin d'exemples !
24ème exhibition... achetez vos billets !

Sarkozy / Hollande. Au 24ème round, la République française jette l’éponge. Après le règne des cogneurs, des chefs d’Etat voici l’avènement des p’tites frappes. Le prix du vainqueur sera une montre Rolex. La France devient province du monde. Les combats se dérouleront dorénavant dans les fêtes foraines.
La liste : ébauche d’aventure !

La rédaction d’une liste suppose calculs, pensées, pourparlers et sacrifices qui chacun, à égal pourcentage, préside à la composition et à l'organisation de mouvements qui vacillent toujours entre dépôt de bilan et préparatif à la course en haute mer. Définitivement l’aventure nait sous le doigt pointé sur une carte, se poursuit dans l’élaboration d’une liste, vit de la fidélité à cet inventaire et meurt des lâchetés consenties au catalogue.

Je suis heureux de ressembler [aux hommes] dans les actions essentielles de la vie : j'aime leurs églises et leurs tableaux.
Roger Nimier
C’est par giclées que l’homme politique nous inflige sa présence, les mots pleins de trente glorieuses, de révélations diaphoriques, d’itinéraires nouveaux… La lecture dégrisante de l’ennuyeux quotidien rend compte de l’improbable conciliation entre vérité de l’acte et promesses électorales dont le cheminement n’obéit jamais à la cohérence d’une quête éthique, mais à l’arbitraire des démences personnelles.
L’intuition est un sens qu’il faut écouter, c’est l’instinct qui remonte.
Attiré par le Grand reportage / style de l’urgence / des idées en maraude / relation entre littérature et reportage / idée de confrérie y compris dans son acception religieuse, une élite / l’épreuve du feu / paquebot, avion, voiture, vitesse / ou un poste consulaire dans une contrée reculée ! C'est grave quand cela prend, ces désirs là. S’imaginer guetteur aux confins du monde ou avant-garde, là où l’empreinte de la folie des hommes est la plus sanguinaire.
Je veux mourir debout ! Cela semble étrange comme idée, voire stupide si l’on admet que la mort est une chute, que la vie a cette balistique fatale faite de trois mouvements dont le premier, violent, explosif, est ascensionnel puissant et mécanique, le second, appelé longtemps par les canonniers le petit bout indéterminé avec sa courbe imprévisible, est là-haut balloté dans les couches des souffles inattendus, et le dernier enfin, pur ou naturel, est descendant, gravitationnel, glissant naturellement vers le sol que la vie viendra finalement transpercer, où elle ira s’enterrer. Je n’aime pas cette vision déterminée sur les seules certitudes d’abaques mathématiques. De façon empirique je retiens trois points essentiels à la vie : la poussée initiale doit être provisoirement violente, les corps légers s’élèvent et les astres ne tombent pas. Voilà ma trajectoire tendue, faite pour apprendre à se tenir droit, fier, en avant, tête haute ! La chose est maintenant moins absurde à être écrite ainsi : mourir debout face aux avachis, aux Assis, comme les appelait Rimbaud, tressés avec leurs sièges, trajectoires en cloche comme des jets d’urine.
Le bourgeois porte comme des rides la tristesse des villes de province vers 17h00, sagement habillé de son époque grise, costume fade et mal taillé. Petit être étriqué aux poches salies et collantes de cet obscène et perpétuel mouvement caché de décompte des pièces perdues au plus profond des plis de sa bourse. Affichant de détestables cravates criardes pour tenter d’accrocher, vers le haut, les regards accusateurs qu’il surprend, bienheureux finalement d’être aperçu, fusse dans sa pénombre. Abject personnage ne songeant qu’à sa maîtresse déclassée et son loto formant la part unique de ses songes.
Honte et pauvreté :l’union maudite célébrée sur l’autel du matérialisme.
Cette pauvreté qui rend transparent, invisible à force de sentiment de culpabilité donnant ce besoin de disparaitre, de se fondre dans un destin que l’on nomme ainsi pour mieux être absorbé par sa fatalité. Ne pas attirer l’attention, être l’eau quand il pleut, statue quand il gèle, s’exclure du monde et des saisons. Se définir au minimum de l’être, au plus bas, au plus petit et glisser dans la misère, linceul d’invisibilité.
Je crois que le monde artistique a abandonné la croyance en l’art. C’est aujourd’hui un monde de fétichistes, de barbouilleurs, et de brasseurs de petite brise qui se drapent d’idées, de concepts, plus qu’ils ne créent. Quand Anatole Henri de Beaulieu peint « La rencontre », la puissance du mouvement de l’attaque se lit dans la peinture. Aujourd’hui la rencontre se résumerait en une idée de duel traversée par des signes concrétisés par un bout de fer et une goutte de sang. Je crois que l’art disparaît et laisse place à l’artisanat du gadget.
































