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Ne pas oublier de haïr immédiatement, définitivement, les aménageurs de territoire, ces idolâtres du goudron des voies stratégiques menant leurs percées inquisitrices jusque dans le plus profond de nos forêts, défrichant nos barricades de haies, abattant nos tours soudées dans le cœur des chênes séculaires et corrompant la source pure de nos rivières révoltées. Haïr ces fétichistes du béton, anéantissant les derniers retranchements de vie valeureuse, colonnes infernales vomissant ses soudards urbains, idéologues méprisables imposant leur lumière noire de décadence, leur mécanique glacée. Adossé à la mer, trouvant là l’ultime alliée hurlante et violente, guidé par le lierre vivace, nous reprendrons le chemin mythique de la sacralisation de nos terres, nous relèverons les pierres et les croix, nous traverseront la lande au pas pressé des galops, nous recouvrerons les môles d’humus fertile, nous rouvrirons nos chemins aux processions à coups d’estocs et de tailles, nous libérerons le cours des eaux qui minéraliseront à leur tour ce béton obscène. Race de granit et d’écorce, de mer et de ciel, nous poserons alors nos ronces en barbelés, nos bois en barricades, nos blocs de granit en citadelles. Le poète, le soldat, le prophète et le philosophe seront nos guetteurs tout au long de cette enceinte sacrée, éclairée de nos valeurs retrouvées. Autour, la mer, silencieuse, apaisée se tiendra à l’affût.
Le savant, le poète, le philosophe, le prêtre et le prophète.
La figure de l’intellectuel cristallise les notions d’immobilisme, de lâcheté, d’abstraction voire de perversion. L’idée de décadence n’est jamais très loin. Je regrette cet état, j’aimerais voir ces intellectuels, ces savants, ces lettrés ou ces précepteurs retrouver leur légitimité de Pères fondateurs. Cette ré-intronisation passe par une définition exacte de ce qu’est un intellectuel, ou de ce qu’il n’est pas. Administrateur, bureaucrate, clerc, normalien, polytechnicien, banquier, expert, cosmopolite ne sont que des excroissances de la plèbe, ils s’expriment sur la place publique. Il est faux de dire qu’est intellectuel tout ce qui accède à la une des journaux, à la chronique. C’est traquer le reflet de l’or dans les figures de chair bronzées des petits hommes de vanité. Le savant, le poète, le philosophe, le prêtre et le prophète trahissent leur fonction lorsqu’ils laissent parler ces scribes minuscules en leur nom. Pour être visible de la multitude, ils doivent parler du haut des môles, des stèles et de l’antique Agora, c’est la place qu’ils doivent retrouver. La phalange des légataires de ces Pères, bras armé de la reconquête, prépare la recouvrance impériale de cette civilisation.
Je vous parle du pauvre, pas du malheureux qui traverse un malheur, pas du marginal ayant choisit la crasse comme domicile croyant y voir un tonneau. Je vous parle du pauvre, celui d’à côté qui a élimé son gilet à force de coups de brosse et de colère, celui qui se bat les flancs si fort pour en faire tomber cette misère qui s’accroche à lui comme une gale, celui qui regarde perpétuellement son ombre couchée sur le pavé en disant qu’il prendrait bien sa place. Celui qui a gardé deux crocs pour défendre sa dignité, livrant les autres à la tenaille ou aux coups de poings, celui qui malgré tout vous rendra la monnaie de votre charité. Je vous parle de lui pour vous dire qu’il compte pour moi.

Plus de séduction, plus de désir, plus même de jouissance, tout est là, dans la répétition innombrable, dans une accumulation où la quantité se méfie par-dessus tout de la qualité.
Jean Baudrillard
Jusqu’où aurons-nous la prétention de croire que nous sommes plus immortels que l’Egypte antique, Babylone, les prêtres Incas ou les rois khmers ? Nous voilà déjà à radoter notre petite histoire sclérosée. Dans nos derniers soubresauts ayons la dignité de laisser à la prochaine civilisation une terre fertile. Sachons disparaître cendres au lieu que fossiles.
Il y a un côté épuration dans la volonté de normaliser la pensée. Il faut être, protocole, pro-homosexuel, proxénète, pro-métissage, profiteur ou pro-juif. Une vieille odeur de délation, de milice morale, de peloton d’exécution encadre ce régime totalitaire. Moi je n’aime pas les prototypes qui rasent gratis !

Les femmes sont d’abord nos mères, puis nos sœurs avant d’être nos amantes. Devenues nos épouses, elles deviennent sacrées. Elles sont madones, vestales et apsaras. Je suis pour une société matriarcale ! Laissons aux hommes les jeux d’enfants : la guerre, l’amitié et le sport !
Le rythme du pas qui bat le pavé est déjà dans le sang qui frappe la tempe. Fer rouge des insultes tourné mille fois, ivresse des froids tranchants et les mots fissurés lancés comme des caillasses. Voici qu'esclave ou colosse la horde se forme, ramasse le pavé maintenant descellé et brise la première vitre... Bat le tambour de la révolte !
Je veux que l’on prenne immédiatement le nom de ceux qui ont applaudi au renversement des régimes de pouvoir du monde arabe. Je veux qu’on les prenne en photo avec leur sourire démocratique. Et demain, lorsque les premiers pavés Islamistes lapideront une femme humiliée sous un voile rêche, alors que l’on ressorte ces listes et ces photos pour le peloton d’exécution. Je pressens le « on ne pouvait pas savoir »… Vous le savez maintenant et il faudra le payer cash !
La chronique est urbaine, futile et sans conséquence. Au pouvoir, j’interdirai tout écrit inférieur à une page pour redonner de la consistance à l’écrit et des couilles aux écrivains.



































