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Se regarder minuscule, ratatiné.
Je ne veux pas m’émietter en de petites choses quotidiennes, fades et répétitives. Il faut haïr une société qui oblige chacun à se regarder minuscule, ratatiné, sans offrir l’opportunité intellectuelle de s’élever à une dimension supérieure : la vie collective, instinctive, la culture supérieure, la civilisation. Il n’y a plus de chemin qui élève, qui initie, mais des parcours arbitraires, sans cohérence, qui vont de soi à soi en passant par le loisir et le travail.
Toute la tendance contemporaine jaugée à l’étalon égalitaire, son goût hypocrite pour la tolérance, son contenu austère, pèsent lourdement sur le destin tout entier de l’idée de baroque dont l’essence aristocratique est l’audace, le mystique, l’excès, le mouvement, l’esthétique. Toute rébellion, toute effervescence, toute explosion est baroque ! Je suis baroque, pour le panache contre la propagande. Je hais le conformisme classique, urbain, laïc, sévère et appliqué, avec sa prédisposition pour la lâcheté.
J'ai espoir que tout ce que je dis pourra être retenu contre moi !
Je suis né chez les Augustines, à la fin d’un été. J’ai grandi dans la préface du deuil de ce monde. J’ai côtoyé les soudards de la république, vu ses putains, ses mignons, ses défroqués. J’ai vu vos destructions. Vos soirs d’ivresses ne sont pas mes soirs d’ivresse. J’ai mille nuits bleues contre vos nuits blanches.
Il y a quelque chose de définitivement vil dans celui qui n'admet que des égaux, qui ne recherche pas avec avidité des êtres supérieurs.
A notre époque inculte, on a parfois envie de fuir la barbarie pour les temples grecs, les contours flous pour les lignes droites et enfin les phrases emphatiques et sombres pour une langue claire et noble.
H. Sienkiewicz
Le surgissement d’une couleur qui aille au monde
Au petit matin, sur un coup de téléphone à l’improviste, ils se retrouvaient à Rennes dans l’odeur singulière des villes de province encore endormies. Ils en avaient fait une habitude d’escale depuis maintenant bien longtemps. Rien n’avait modifié ce rituel ; ni le changement de propriétaire, ni la nouvelle décoration ou les profils différents des habitués. « Allo ?... c’est moi ! Je t’attends au Picca ». Ils s’asseyaient en terrasse en attendant l’heure des grandes ombres qui s’allongent, une meilleure lumière. Ils fumaient tranquillement des Lucky-Strike, ne buvaient que des grands whiskies comme des marques d’effronterie, accompagnés d’un grand café hautement aristocratique et colonial. A cette heure-ci, il n’y avait jamais personne. Pas un bruit hors les grands mots qui tranchaient leurs débats avec des reflets épurés et définitifs.
Tournés vers la grande place, ils espéraient le surgissement d’une couleur qui aille au monde… une densité palpable… le baroque d’une aube à l’épaisseur d’un tissu riche et cramoisi.
Voilà ce que le monde moderne m'apporte
Je perds une illusion par jour, j'épuise le stock dans la considération de la triste réalité de la modernité, sans lueur spirituelle, jusqu’au plus noir du désespoir. En contrepartie je construis une forteresse dure et blanche de certitudes. Voilà ce que le monde moderne m'apporte, en plus du froid et des imbéciles.
Epouse là et meurs pour elle !
Elle pianotait quelques notes sur le piano, dansait seule dans le salon, les yeux fermés, et Matthieu était jaloux de la musique et du soleil qui venaient caresser tout son corps. A son tour il fermait les yeux et enfermait l'ombre fugitive et gracieuse dans sa mémoire... Peut-on dire d’une femme qu’elle est exagérément belle, comme un paysage ou plus rarement une note ?
Fauves insensibles aux promesses
Nous constituons peu à peu un héritage de la revanche que nos enfants viendront réclamer ! Leurs désirs insatiables de joie outrepasseront l’immense plaine des mélancolies contemporaines. Ils seront les prochains géants des grands vents, des tempêtes. Ni charognards, ni prédateurs… fauves insensibles aux promesses
La possibilité radicale d'une joie violente

Et pourquoi, au plus noir du désespoir de ce monde à la dérive, ne pas envisager la possibilité radicale d’une nouvelle joie violente, sans compromission ?
L’alliance des mâts qui défie les tempêtes

Plus tard, je vous parlerai des paysages irréfutables de l’alliance des mâts qui défie les tempêtes et de cette légèreté si spéciale des matins de pleine mer, lorsque la peau hésite...
Beauté inaltérée des femmes de clan

Devant toute femme de clan, à la beauté inaltérée d'un peuple cohérent à travers les siècles, il faut savoir baisser nos yeux iconoclastes.

























