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Pneumatiques
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.
Près de trente vies plus ou moins véritables pour un authentique destin

Voleur, bagarreur, mélomane, aventurier, maître d'armes, uhlan, faussaire, duelliste, séducteur, dandy, joueur de cartes, garde du corps d'un Roi sans royaume, bretteur, saltimbanque, mystique, précepteur fauché d'une princesse russe, trafiquant d'armes, officier de légion millionnaire, sénateur mondain, anarchiste, rimeur, sabreur, trompe la mort, hussard, polyglotte érudit , tueur à gage, esthète, guerrier... Près de trente vies plus ou moins véritables pour un authentique destin
L’éthique n’est pas une morale de l’inhibition
L’angélisme éthique que l’on prête aux icônes exemplaires comme le sage, le héros ou le saint, néglige l’orgueil des stoïciens, la fureur des condottieres ou la chevauchée des cavaliers de l’apocalypse. C’est pourtant dans ces coulées incandescentes qu’il faut prendre ses postures singulières. L’éthique n’est pas une morale de l’inhibition mais plutôt une sublimation, une tension permanente entre sagesse et instinct, entre devoir et désir et qui excède la vie confortable.
La liste : ébauche d’aventure !

La rédaction d’une liste suppose calculs, pensées, pourparlers et sacrifices qui chacun, à égal pourcentage, préside à la composition et à l'organisation de mouvements qui vacillent toujours entre dépôt de bilan et préparatif à la course en haute mer. Définitivement l’aventure nait sous le doigt pointé sur une carte, se poursuit dans l’élaboration d’une liste, vit de la fidélité à cet inventaire et meurt des lâchetés consenties au catalogue.
L’intuition est un sens qu’il faut écouter, c’est l’instinct qui remonte.
Attiré par le Grand reportage / style de l’urgence / des idées en maraude / relation entre littérature et reportage / idée de confrérie y compris dans son acception religieuse, une élite / l’épreuve du feu / paquebot, avion, voiture, vitesse / ou un poste consulaire dans une contrée reculée ! C'est grave quand cela prend, ces désirs là. S’imaginer guetteur aux confins du monde ou avant-garde, là où l’empreinte de la folie des hommes est la plus sanguinaire.
Je veux mourir debout ! Cela semble étrange comme idée, voire stupide si l’on admet que la mort est une chute, que la vie a cette balistique fatale faite de trois mouvements dont le premier, violent, explosif, est ascensionnel puissant et mécanique, le second, appelé longtemps par les canonniers le petit bout indéterminé avec sa courbe imprévisible, est là-haut balloté dans les couches des souffles inattendus, et le dernier enfin, pur ou naturel, est descendant, gravitationnel, glissant naturellement vers le sol que la vie viendra finalement transpercer, où elle ira s’enterrer. Je n’aime pas cette vision déterminée sur les seules certitudes d’abaques mathématiques. De façon empirique je retiens trois points essentiels à la vie : la poussée initiale doit être provisoirement violente, les corps légers s’élèvent et les astres ne tombent pas. Voilà ma trajectoire tendue, faite pour apprendre à se tenir droit, fier, en avant, tête haute ! La chose est maintenant moins absurde à être écrite ainsi : mourir debout face aux avachis, aux Assis, comme les appelait Rimbaud, tressés avec leurs sièges, trajectoires en cloche comme des jets d’urine.
Honte et pauvreté :l’union maudite célébrée sur l’autel du matérialisme.
Cette pauvreté qui rend transparent, invisible à force de sentiment de culpabilité donnant ce besoin de disparaitre, de se fondre dans un destin que l’on nomme ainsi pour mieux être absorbé par sa fatalité. Ne pas attirer l’attention, être l’eau quand il pleut, statue quand il gèle, s’exclure du monde et des saisons. Se définir au minimum de l’être, au plus bas, au plus petit et glisser dans la misère, linceul d’invisibilité.


































