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Pneumatiques
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.
Il est quelques cruautés ingénues que l’on pardonne plus facilement aux femmes aux grands yeux cernés de noir. Peut-être parce que ces visages fauves, que l’on croit surgis d’un tableau de Van Dongen, peints à grands coups de pinceau désinvoltes, portent dans leur édifiante beauté, l’expression même de la nostalgie.
Je m'exfiltre de ce siècle vain !

Je m'exfiltre de mon époque, je tourne le dos au troupeau, je quitte le rang et je fais définitivement le mur de ce siècle vain !
Les gazettes rapportent, que Jean-René Huguenin portait la coquetterie de n’avoir que peu d’humour à sa boutonnière, mais accrochait des camélias aux corsages des jeunes femmes imprudentes. Pour compléter son allure, il s’habillait crânement d’un chapeau melon pour le plaisir de se découvrir avant un combat de boxe aux poings nus et gardait ses écharpes blanches pour des passes de torero contre la furie des vagues. Il abordait les femmes prudentes en citant Léopardi et les invitait à s’émouvoir de la beauté mécanique des trains et du romantisme de l’aéropostale.

Il faut combattre le puritanisme protestant et restaurer l'hédonisme catholique. Les plaisirs que Dieu créés ne peuvent être mauvais !
Dans tous les schémas de révolte, je ne vois pas la place de la femme car elle est naturellement accaparée par une métaphysique de la vie qui dépasse les petites choses qui occupent sottement les hommes. La femme est certitude et logique ; l’homme est résistance, rage, repli, déconstruction. Elle parle d’humanité lorsque nous parlons clan. Elle ne réagit qu’aux grands massacres qui traversent parfois un siècle lorsque nous voilà à vider les râteliers pour un mot d’honneur. Prenons garde que la femme reste sur ces hauteurs et attachons nous à l’y rejoindre plus tard, quand on sera grand.
Blonde platine, tatouée, l’égérie du genre burlesque explose sur scène, portée par le sang des andalouses, l’audace de son caractère, le goût du danger et de l’interdit. Vinila vient de son goût pour les vieux vinyl, et Von Bismark de son attirance pour l’esthétique prussienne de l’entre-deux-guerres si élégante, martiale, pleine de panache. Au-delà des codes du genre et de sa féminité subversive, Vinila s’impose dans des sons qui se réclament de Candy Barr, de Johnny Cash en passant par Mamie Van Doren, Marlène Dietrich et Joséphine Baker. Musique érotique, de conviction, servie avec exubérance et charisme. Elle est l’icone du groupe "Vinila von Bismark & The Lucky Dados » et de « Krakovia », groupes espagnols survitaminés. Un phénomène impétueux.
Leçon d’élégance : french flair et bagarre
Hors une allure faite de poings fermés et de vivacité, se distinguer de la masse avec un pas qui bat une autre mesure que le piétinement du troupeau, un pas léger, aérien. Un jeu de jambe de rugbyman, une danse, quelque chose qui est vitesse, enchaînement et qui sert à gérer les distances ! Laisser clairement voir qu’on vit le noble art comme une épopée ou sa vie comme un combat. Pour le reste, offrir au premier regard un goût sobre, simple et distant, une force contenue. Cela agace un personnage qui s’exclut, affichant ainsi sa prestance comme inaccessible aux autres.

Dans une société où règne l'impudeur, se retirer dans le mutisme et le secret comme Salinger, Malick ou Kubrick. Tous les artistes devraient opter pour la stratégie du retrait, rester anonymes… en réclusion perpétuelle. Secte sublime, caste contre la vulgarité de la célébrité. Mystérieux sorciers de l'au-delà. Tous les écrivains doivent-ils détruire leur œuvre pour éviter la vulgarité de la citation ?
Sur la pointe de sa beauté divine se hisse la femme, le talon planté dans les pores suants des immondes bêtes salies de leur pornographie, aux visages grimaçants, tordus des brûlures de leurs fantasmes rauques, monstres grouillant de leurs doutes de déviants, nés de succubes au poil gris qu’ils engrossent de leur sale jouissance de larbins. Là-haut disais-je, la femme vulcanisée, océane, guette au-delà des caps l’éruption suffocante, orageuse, la réponse guerrière à sa sensualité racée.
Le sang du dandy est rouge écarlate !
Il est quelques héros troublants, ainsi Dorian Gray, Des Esseintes ou Julien Sorel, qui ont fait du dandysme ce que les Grands magasins et les magazines de mode défont pour prescrire leurs mignons décadents et androgynes contre les afflictions languissantes de notre siècle. Il faut maintenant sortir de cette concorde pubescente et avoir des excès de virulence anti démocratique, revendiquer une posture aristocratique provocatrice pour imposer une élégance extrême et indécente, mêlée d'insolence grandiose. Il faut aujourd’hui restaurer l’exercice orgueilleux d'un raffinement élitiste ; attitude établie sur une supériorité indépendante des lignées exsangues et des modes fébriles. Sans discernement, afficher une posture de défi, une audace de la personnalité, un héroïsme individuel, une tension vers la certitude … Imposer un style arraché à une vertu éthique pure et racée et à une esthétique qui sort du carcan des ridicules aux goûts efféminés, des potiches de décoration. Décréter que l’éclat rouge du dandysme se porte aujourd’hui dans le sang plutôt que sur la boutonnière d'un veston. Il faut se tailler une époque sur mesure qui oblige à se tenir droit dans un habit subtil.
Le romantisme pousse toujours sur les champs de ruines : les châteaux effondrés de la monarchie, les colonies perdues de l’empire, les statues décapitées de Praxitèle et les reniements de la république. Le romantisme est un sentiment de vaincu, un goût de mort dans la bouche de la jeunesse. Je crois que son seul bienfait est l’éloquence qui le porte, coquetterie lugubre aux frémissements terribles des chants de morts.
Leçon d'élégance : Animal mondain
Exhiber une distance aristocratique, bourrue, nordique voire militaire vis-à-vis de notre époque. Y associer l’élégance tout anglo-saxonne qui va du hooliganisme au dandysme et conserver, en dépôt, le coup de poing français agrémenté si nécessaire de son vocabulaire adapté aux combats de rues. Voilà une attitude !

J’oppose la conquête à la possession, le sacrifice au confort, le beau à la concupiscence, l’homme à l’individu, la femme à la pornographie, la famille à l’homosexualité, la civilisation au communautarisme, l’esthétique au standard, l’éthique à la politique, la violence à l’indignation. Je suis le vaurien d’une société de l’argent et de l’usure et le prince d’une nouvelle aristocratie spirituelle.































