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Pneumatiques
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.

Un air de parenté certain entre la subversion et l’aventure laisse aimablement envisager une possible fraternité de sang.
Contrairement au Prince de Ligne, je suis prêt à quitter mon exil pour l’honneur, l’humeur et l’horreur. Je suis prêt à faire un pacte temporaire avec la marche cahotante de l’évolution de l’homme s’il devait renouer avec le spirituel et l’affect et abandonner l’immense orgie d’enfants gâtés dans laquelle il sombre. En attendant, il est vrai, loin de la clameur et loin du goût démocratique, je n’ai aucune relation diplomatique avec mon siècle.

A se renier, à vouloir coûte que coûte s’inventer une morale qui ne serait pas sacrée, qui ne viendrait pas s’appuyer sur des valeurs spontanées, naturelles, la société occidentale se retrouve affaiblie face à deux monstres : le fondamentalisme et l’extrémisme communautaire. Une peste verdâtre et une peste arc-en-ciel, nouveaux concepts totalitaires et génocidaires s’accordant sur la lapidation sauvage de nos mères, de nos épouses et de nos filles, garantes de notre éternité. C’est du violent contraste, entre la grandeur idéale de la vie et le resserrement de son expression communautaire actuelle, que naît ma volonté d’agir. Hölderlin disait : là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve.
Actuellement, je promène une hypothèse d’aventure qui viendrait affirmer mon caractère impétueux et ma canne épée. Je veux un destin inexorable, caressé de drapeaux noirs, annoncé dans la fureur des canons et porté par une aimable conjuration baroque et aristocratique. Plus tard, j’écrirai tout cela avec un style qui sort des limites rhétoriques et qui s’affranchit de la prétention des genres. Ainsi l’énoncé oraculaire, l’action foudroyante, la bravade divinatoire deviendront posture. Je crois dès aujourd’hui qu’il y a quelque chose de messianique dans toute vision fragmentaire.
Le grondant de la rue charrie son flot de grimaces satisfaites, de corps de citadins hâtifs qui se heurtent, à la dérive, tournant sur eux-mêmes, se noyant dans leurs jouissances, atomes inutiles, petits individus bornés à leur seule suffisance, morceaux d’humanité désagrégé. Je suis à contre courant de cette débâcle.
Envie d’être un enfant de l’histoire, de croire que même si les combats d’aujourd’hui sont servis par la technologie au lieu de l’être par le guerrier pur, l’empreinte d’Homère y reste toujours présente. Le goût des armes, des déluges de feux, de l’irruption, le besoin de s’ordonner, la force du sacrifice consentie, l’idée de confrérie ainsi que celle de sauver la veuve noire et l’opaline évanescente, arrogante de beauté, tout convie à être soldat.

Dans l’approche insolente de certaines vérités, la vulgarité est parfois un raccourci nécessaire que les longs discours polis écartent par goût ou par lâcheté.
































