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Pneumatiques
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.

Hâtivement, fuir la ville ! On se trompe toujours lorsqu’on croit pouvoir se déplier hors de la forêt, loin des embruns

Dans le déroulement exaltant et plus que millénaire de notre civilisation, notre époque apparait comme figée. Progressivement le monde a été livré à la nonchalance, et c’est cette mollesse que l’on propose à l’excitation de ma génération. Se révolter devient alors une aventure superbement urgente et absolue. Des printemps de réflexion, des hivers d’indignation et toutes ces délibérations déguisées en résistances, doivent forcément aboutir à l’action. Et celle-ci doit être absolument coupante, décisive, déchirante, elle doit interrompre le temps de la science et de la conscience pour une plongée brutale et grisante dans l’inconnu où il n’est plus concevable d’observer une distance démocratique.
Brûler tous les vaisseaux à vingt ans

Finalement, écrire à vingt ans est indécent ! C’est manquer toutes les bonnes occasions de mourir avec panache

Ne pas confondre les âmes endolories et les cœurs mesquins. C'est-à-dire ne pas souiller le fou sublime, le chevalier errant. Les arcanes de leur âme sont des voix silencieuses, des impulsions anxieuses et parfois des évènements d’heureuse souvenance.

Dionysos ou Socrate ? Le primitif ou la connaissance ? L’instinctif ou l’acquis ? Culture ou civilisation : il faudra en tuer un, quelle tragédie !

Récurrence du port, de la mer, des départs, de l’exil, du foyer à l’abri des brisants, les mains calleuses, bourrues d’amitié, le bateau qui sombre et le cimetière face à la mer, habité de cercueils vides de marins … la suspicion que ceux-ci soient naufragés dans un lointain pays exotique. Dans mon imaginaire, la gare, c’est plutôt l’attente, le baiser volé, le hall désert, le train qui déraille, les corps démantelés, les morts, le fer et le feu fondus en un seul crissement aigu. L’aéroport, c’est la modernité, la rapidité, le bond, le voisin anonyme, les fesses de l’hôtesse, l’étroitesse du hublot, le confinement, la démonstration excessive du détournement ou de l’explosion.

Le problème de l’avant-garde vient de ce qu’elle bouche le passage, interdit le dépassement et finalement occulte l’horizon. Je lui préfère les chevau-légers de la flanc-garde qui protègent le passage, celle qui fait Camerone.

On parle en abondance du flegmatique tea time anglais pris sous les lambris victoriens. J’ai plutôt le goût rustique pour le thé russe, chauffé au bois de cèdre sur les contreforts glacés de l’Oural ou à l’orée de la steppe sauvage.
Les jeux sérieux sont subversifs !

La subversion est un jeu sérieux dont la règle désinvolte est l’ordre et la transgression des codes.
2014 : Etre supérieur à son temps

2014, j'opposerai le bruit de la vie aux grumeaux sourds de vos voix !

La modernité, née comme un projet de domination de la nature comme des êtres, oblige à imaginer la tanière comme une base de reconquête, un quartier général, pas comme un point de chute.

L’Amitié comme introduction à l’éthique, l’Amour comme introduction à l’esthétique. Voilà les points d’appui ! Mais nous sommes pressés, elle non, car la femme appartient au temps, l’homme à l’époque. L’Amitié d’abord, ensuite la femme ! A chaque âge un tourment. En attendant, la femme se résume souvent en une porte qui claque !

Il faut être un alchimiste mystérieux, fusionnant avec furie des idées d’anarchiste baroque et d’aristocrate moderne car l’aventure clandestine est le seul sens de l’histoire.

Transcendance : celle-ci présuppose toujours que notre existence individuelle mérite d’être sacrifiée pour quelque chose de plus grand.
La salope, la catin et la vestale
Il y a trois types de femmes, l’initiatrice, la damnée et la mystérieuse. La voie charnelle, la voie de la déchéance et la voie sacrée. Seuls les idéalistes les plus assurés savent instinctivement la distribution des rôles. Les autres sont voués à rester perpétuellement indécis, en suspens entre libertinage et souillure.
J'ai la vocation de l'impertinence

Capable de tout croire pourvu que ce soit dans l’excès, j'ai des convictions fermes et l'allure intransigeante qu'elles imposent. N'importe quelle forme d'intolérance me semble préférable à la négociation, voire à la discussion : je ne conçois pas honnêtement que l'on puisse coexister avec son ennemi, et que l'on imagine autre chose que sa suppression. Je suis un être qui s’épanouit et s’élève, un être qui se dépasse en songeant aux martyrs de ses fantaisies. J'ai la vocation de l'impertinence, l’enthousiasme lyrique du massacre.
Il est des périodes qui sautent du train de l’histoire, c’est connu. On pourrait s’en réjouir si elles en profitaient pour piller quelques civilisations, se saouler et trousser l’aventure ; au lieu de quoi elles se posent dans le champ d’à côté et regardent passer les trains. L’idée d’abattoir n’est jamais très loin.

Il me souvient que nous aimions l’effraction et la sauvagerie, que nos illusions de brumes nous portaient aux veillées dans quelques camps de Brennus ou de Pictes, que les amitiés fortes restaient suspendues au hasard de la guerre, que nous avions soif d’ultime.
C'est le Diable qui prend du terrain
Sans arrêt les sens sont convoqués au parloir. Regardez, sentez, goûtez, écoutez, touchez ! Harcèlement des hommes lustrés, des femmes exhibées, des congés azuréens, blancs et soleil, et du racolage pignon sur rue. Tout le monde sous les néons, il faut exciter les sens en permanence, ne pas laisser respirer, réfléchir, aimer, agir. La vie a quitté ce monde d’entre les morts, la frontière est abolie, les nuées sensuelles règnent ici. Ce n’est pas Dieu qui est mort mais le Diable qui prend du terrain. C’est la frontière entre le bien et le mal qui s’estompe. Je veux retrouver la terre des Dieux, je suis à l’affût des humains, ne me soumettrai pas à cette vie.





















