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Pneumatiques
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.
Quelque chose de léger, un surgissement, une fulgurance.

La modernité a deux ruses sournoises pour éloigner les jeunes de la vertu. La première consiste à les persuader que la vertu exige une vie triste sans aucun divertissement ni plaisir. La seconde, laisse traîner une fausse espérance en ce qu’une vie de débauche, au pire des cas, sera pardonnée au moment de la mort.

Une âme celte dans un corps allemand et son verbe latin, plongés dans les tourments de la steppe russe, voilà toute mon occidentalité.
Qu’offre-t-on à notre admiration ?

Qu’offre-t-on à notre admiration ? Une brune avec des yeux où tout homme aperçoit un lit défait là où nous désirions l’exemplum antique de Lucretia. Je condamne l'insupportable supplice de la médiocrité tout autant que le suicide de la morale.
C’est dans le silence qu’on assassine le mieux

Le bruit des révolutions, les harangues des complots, ne sont là que pour se faire peur, n’engagent jamais rien sur la voie du définitif. Car seul le silence convoque les grandes décisions. C’est d'ailleurs dans le silence qu’on assassine le mieux.
Petit vice aux volutes sulfureuses

On ne parle pas assez de l'érotisme d’une femme qui fume. Position langoureuse de la main, poignet dénudé, bouche entrouverte, yeux fermés, fumée vaporeuse... arme de séduction fatale … détail insignifiant pour la majorité, mais qui prend toute son importance par ce qu’il laisse percevoir de possibilité transgressive ; petit vice aux volutes sulfureuses. L’homme séduit avec ses vices, la femme, elle, parie sur sa partie ingénue diaboliquement attirante. Dans ce jeu, le fume cigarette devient figure esthétique d’un fétichisme facile, mais au fort potentiel érotique. S’il y a une beauté française, c’est ici qu’elle s’élève. La femme française a trente ans lorsqu’elle atteint cette maîtrise de l’élégance sobre, minimaliste ! Avant ? … que d’hystéries vulgaires, que d’incandescences maladroites. Cette femme de trente ans donc, qui abandonne peu à peu le terrain de la séduction malsaine par nécessité du temps, cache la plus hautaine des dominatrices : beauté intelligente, fatale, et maternelle. Elle met la même lenteur fauve dans ses déplacements que dans sa volupté de salon… elle fume comme la lionne se repose auprès de la marre… avec délectation.

Projection, idéalisation et désir, voilà la synthèse des amours impossibles. C'est le sens du définitif et du sacrifice à leur apogée. C’est aussi l’histoire tragique d’un lâche et d’une traitresse.
Une fraternité, insensible aux mauvais courants du monde

J’ai toujours rêvé de l’existence d’une société secrète, qui se rencontrerait dans des lieux sombres parfumés d’effluves mêlant l’opium, l’encens et le soufre ; un clan, un peu obscur, qui serait le repaire de chevaliers venus d’un autre siècle, échoués sur les rivages pollués du monde moderne ; une fraternité, insensible aux mauvais courants du monde, fondée sur la quête de la Justice, de la Beauté et de l’Ordre juste ; bref j’ai toujours rêvé de l’existence d’une famille, amante de la pénombre, dont les membres brûleraient ensemble du même feu qui les habite.

De la traînante crainte de se livrer naît cette grimace de l’honneur, fierté sanglotante pour laquelle nous sommes prêts à mourir.

L'adolescence reste trop souvent l'exaltation de pouvoir s'agenouiller, nuque raide face à un amour, une cause, un idéal... quelque chose qui semble si définitif. C'est après qu'on apprend à être debout, léger, essentiel.
Notre vraie vie est dans l'immortalité

Trouver la force de se réinventer. Modifier l'organisme s'il le faut. Changer de voie, changer de tout. N'être rien d'autre que ce qui est essentiel en soi, rejoindre son centre et rester près du feu. Le temps de l'insolence est venu et avec lui le temps de la vérité : être à jamais un esclave ou bien être un jeune loup.
Nous sommes des êtres puissants

Soyez inutile ; j’ai bien dit inutile ! Le monde s’épuise à distribuer des rôles. L’individu a renoncé à vivre pour se vendre. Il a baissé la tête et renoncé à sa dignité. Il faut retrouver un contact direct, immédiat, avec la vie. Fonder son existence à partir de ses émotions, prendre du temps pour prier, se débarrasser de l’illusion de la réussite et admettre le sens tragique de la vie. Nous sommes des êtres puissants. Il est grand temps de souffler sur les braises de nos feux intérieurs. Soyons inutiles et devenons des hommes.

Exhorter l’anarchie dans les villes est une distraction bourgeoise : l’anarchie ne peut s’imposer que dans la solitude et l’immensité. Car, qui vit de combattre la société, a intérêt à ce qu’elle reste en vie. Ainsi en est-il du petit protestataire post-moderne débarrassé de toute dimension optimiste et utopique. L’ermite, lui, n’a aucun goût à la survie de la société.
Les défroqués, c'est ça le pire !

Du bourgeois sans culotte à la lolita en string… les défroqués, c'est ça le pire !

Alors, on peut relever la tête et prendre les armes. Il ne reste qu’à se battre et à hurler de joie. La guerre est noble. Il ne peut y avoir de vie sans combat ; le refuser c’est accepter la servitude. Je suis fier de mes passions, comme de mes erreurs. Je suis fier de mon miroir. La profondeur de nos défauts est le reflet de notre démesure. Je veux vivre encore, je veux aller plus loin. D’ailleurs j’ai décidé de ne pas mourir. Je n’abandonnerai jamais la vie et je le jure devant tous les dieux et tous les diables. Jamais je n’abandonnerai la vie.

O mon ami, ami enraciné, ami de nid d’aigle au visage d’ombre et d’éclair, nous voilà Princes d’Empire et de bordées sur notre forteresse pour l’avoir conquise dans la furie de nos galops. Nous nous sommes retrouvés dos à dos, face aux autres, pour des mots, des pensées brunes ou blondes, des projets de révolte, le même goût du sel et des vents violents et la même vision d'une terre ultime.
J’aperçois les coups de poings dans dix ou vingt ans

J’ai maintenant un tas de livres qui monte, qui se constitue. Je vois bien les mouvements désordonnés, j’entends surtout les bruissements, les glissements, les escalades, les coups de marteaux, de gueules, de poings… Des auteurs qui s’arrangent d’une promiscuité, d’autres qui s’élèvent par celle-ci ou sont poussés vers le vide… Ascenseur et Echafaud ! Je souris de voir les grands frères et les pères placer la famille sur cette pyramide bancale. Il y a déjà des clans, des terres et donc des héritiers. Les lauréats qui attendent la fin de la construction pour se faire hisser sur le sommet, sûrs et fatigués de leur rang. Vieux célibataires reconnaissant à demi un enfant illégitime, ou égaré, pour porter le catafalque. Belles, distantes, charmantes, les femmes encouragent ; terrifiées d’imaginer que le temps, volant leur beauté, n’en profite pour effacer ce que leur intelligence a créé. Entre vieux beaux et courtisanes, dans les coins, forcément, les coquins et les libertins. Il y a des morts, des exécutés, des ressuscités et même des suicidés. Sur les montants, les renégats et les maudits montent et descendent à leur guise, insolents. Je pressens des étages qui se grimperont en courant. Je la vois presque cette bibliothèque, je l’aperçois dans quelques années. Forcément, je sens, simultanément, les idées qui s’agrègent, le caractère qui se renforce, les convictions, les révoltes… J’aperçois les coups de poings dans dix ou vingt ans.
La préméditation de l’amitié se conçoit dans l'endurance d'une vertu.

Il y a trois types d’amitié. Celle inférieure, de l’utilité, qui n’est que calcul et besoin, réceptacle du politique et du marchand. Au-dessus, celle du plaisir qui est simplement celle de l’entente généreuse de la jeunesse. Au-delà, supérieure, aristocratique, celle selon la vertu, elle est celle des hommes vertueux qui sont semblables en vertu.

Je voulais juste vous dire que je désire vivre pour la Joie. Non pas pour le bonheur, la tendresse ou la gaité mais pour la joie. La joie unique et pure, la joie absolue, la joie des vainqueurs.

Il y a un point ultime où le cœur, l’âme, l’esprit et l’enfant vivent ensemble. Ce lieu c’est l’unité de l’Homme vrai.

Universitaire, cinéaste, anthropologue, trafiquant d’armes, sénateur, styliste, sportif, fêtard, aristocrate, ermite, alchimiste, tarologue, écrivain, boxeur, magicien, restaurateur, chevalier, viticulteur. J’ai devant moi une vie bien remplie. Je n’accepte de respirer qu’au prix de l’impossible et de la démesure.
Les bons comptes font les bons vivants !

Regardez la mort, elle se relève à chaque fois, après chaque mise en terre elle reprend le travail. La vie doit faire pareil... mieux, être plus forte... deux enfants pour un mort et c'est la vie qui gagne... et pas 0,99 ou 1,99. Les bons comptes font les bons vivants !
Il faut être supérieur à son temps

Je veux être un extrémiste de la vie ! Celle-ci doit être vécue comme une provocation, comme un défi, où la subversion serait l’éthique de la transgression. Il faut être supérieur à son temps, transcender son existence. Imposer mon « je », jouer avec férocité !
Fais que je porte mon âme dans la mêlée

Action, démarcation… il y a du cousinage entre ces mots. Une lignée de rébellion contre toute occupation de nos cours de récréation.
L'honneur et la fidélité ont perdu la tête

Finalement l'honneur, la fidélité étaient bien des valeurs aristocratiques puisqu’elles ont perdu la tête le 21 janvier 1793.
C'est la légèreté qui est sérieuse

Je suis pour une littérature de grand air et non pour une littérature aux grands airs.

A un club privé, aménagé sous un nom illustre, dont l’admission facile ne serait réservé qu’aux imbéciles, aux collectionneurs de citations et aux jeunes gens très riches (finalement souvent les mêmes) - cette humanité vautrée sur des fauteuils en cuir, cachée dans de grasses maisons closes d’esprit - je préfère la coterie ou la société secrète pour son odeur de souffre et son côté exotique qui convient mieux aux yeux bleus et aux femmes minces.
La simplicité, complément indispensable à toute vie élégante

Je suis pour la richesse qui ne crie pas l’opulence et pour la pauvreté qui ne crie pas famine.
Je crois les causes généreuses faites pour les cœurs perdus

J’entends, insolente et légère, une jeune légion étrangère buissonnière s’impatienter à l’orée du béton de notre société.
J’entends la première ligne trépigner sous le couvert de la forêt. Faite des cicatrices du siècle, elle aligne les fils des cadets de Gascogne, les descendants des chouans, les princes audacieux ou encore les bannis et les exilés… tous ces cœurs perdus. Rênes courtes et verbe haut sur leurs montures, chacun prêt à faire l'histoire, dédaignant les honneurs tout en jetant négligemment un coup d’œil enfantin sur leurs beaux panaches blancs…
Je les entends maintenant dans le sillage empanaché des Mousquetaires et de Cyrano, voilà le galop des hussards, la charge des Uhlans, la mitraille des maquisards, toute une coterie de disciples de l’insolence, une école de l’irrévérence, une armée des ombres toute en contraste, accablée de mépris qui vient cogner à la porte du Lupanar de la jouissance sans entrave pour exiger la fin de la grande partouze !
L'amitié dans le bleu du matin

L'amitié, pareille à une poignée de main, à l’odeur du café partagé, à l’éclat mordoré d’une cigarette cachée dans le creux de la paume. Comme une amitié de conversations se prolongeant dans le bleu du matin.

Je fixe mes limites aux quatre points cardinaux qui sont les quatre coins de mon ring. Plus tard, j’irai me frotter à ces civilisations où l’oiseau, l’arbre ou la mer ouvrent l’espace contraint par ces seuls points en intégrant le zénith, le nadir et même le milieu.
Se relire dans les plis de nos cicatrices
Il est des cicatrices que l'on rêve d'avoir à vingt ans, pour pouvoir se relire plus tard et être sûr de ne pas s'être inutilement perdu.









