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Hommage à Roger Nimier

Le 28/09/2014 à 00:00

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Terra ignota roger nimier 1962 2015

Les hussards ne pleurent pas leurs morts, ils les honorent. Voici l'hommage de Pol Vandromme à Roger Nimier dans Bivouacs d'un Hussard.

Le hussard bleu n'était pas un hussard de la mort, suicidé d'honneur de la ligue noire de Drieu, comme osait l'affirmer la dégueulasserie de Kanters, comme pouvait le donner à croire l'hommage ambigu d'un Chardonne sans mémoire, oublieux des anciennes gratitudes. Mauriac, bourgeois provincial et malingre, n'en revenait pas d'avoir survécu au dandy parisien, costaud comme un pilier de mêlée, qui éperonnait le pas de charge de ses heures et de ses mots. "C'est pourtant moi, si faible, qui avais dominé la vie et lui, si fort, qui paraissait déjà vaincu par elle." L'arrogance de cette papelardise était intolérable. Nimier avait vécu comme il le devait, en esprit fort et en écrivain de race (les borniols qui l'avaient enterré furent surpris d'assister à sa résurrection, le critique - le premier de son temps, dira Sollers - prenant la relève du romancier) selon l'instinct de son enfance insurgée, de sa nature noble et de l'ordre rigoureux d'une civilisation. Ceux qui n'en finissaient pas de survivre n'en finissaient pas non plus de payer le prix de leur prudence, radotant les illusions de leur sécurité, s'enfonçant dans leur sommeil d'abouliques. Je me remémorais le mot de Nietzsche, qui justifiait l'honneur, la grâce et le risque d'exister de Nimier : "L'amour de la vie est presque toujours le contraire de l'amour d'une longue vie."


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Commentaires

  • d'Harcourt
    • 1. d'Harcourt Le 24/09/2014
    Un vieux Rhum pour moi... Nous sommes là !

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