
Il est mort ce 18 mai 1989, soldat perdu aux confins de l’Asie pour achever sa jeunesse. A l’heure où il s’est affaissé sous une pluie d’obus dans la moiteur birmane, les chiens aboyaient derrière la brume, au fond de la vallée. En France, plus personne ne se souvient de lui hors l’ami fidèle, l’ami vivant ; gardien du souvenir au long sourire glacé de promesses qui faisait croire que la mort était une belle histoire. Et ce soir l’ami offre, pour la vingt septième année, sa soirée à Olivier Thiriat, mort après quatre semaines de combats dans le bastion de Kaw Moo Ra.
- « A toi mon ami mort dans l’embuscade d’un siècle indifférent. »
Il jouera quelques notes d’un chant de mort en regardant la dernière photo de son ami, terminera la bouteille de whiskey et repartira dans l’odeur épicée des landes et le grésillement d'une cigarette sous la pluie.
- « A l’année prochaine Olivier. »