Prix des hussards 2015 : Bérézina de Sylvain Tesson

Le 12/03/2015 à 00:00

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  • Café Guitry-Théâtre Edouard VII - Paris

Terra ignota tesson prix des hussards 2015

Créé l’an dernier par Christian Millau, le prix des Hussards (Un coup d’épée, une porte qui claque et ne jamais se soumettre) a distingué jeudi le livre de l’écrivain voyageur Sylvain Tesson,  Berezina, publié aux éditions Guérin. Le jury réunit quelques personnalités : l’ancien avocat général et polémiste Philippe Bilger, les historiens Jean des Cars et Jean Tulard, de l’Institut, l’ex-directeur de L’Humanité Claude Cabanes, l’éditorialiste du Figaro Yves Thréard, l’écrivain-éditeur de “Service Littéraire” François Cérésa, le critique littéraire Bruno de Cessole, ainsi qu’Eric Naulleau, lui aussi critique incontournable. La présidence est assurée par Christian Millau, qui fut un proche de Roger Nimier. Il est aujourd’hui, après Michel Déon, le dernier représentant de cette époque fertile.

La trame : Quand il arrive devant Moscou à la fin de l’été 1812, après une campagne épuisante et la terrible bataille de Borodino, Napoléon croit qu’il a vaincu les Russes. Il a à peine le temps de savourer sa victoire, de contempler Sainte Basile et de parader dans cette ville étrangement vide que le tsar donne l’ordre d’y mettre le feu. Napoléon assiste impuissant au spectacle. L’Empereur tergiverse et il lui faut un mois pour décider de se retirer et de repartir vers la France. Il y a près de 4000 kilomètres à parcourir et, en face, un adversaire impitoyable, chaque jour plus fort et plus cruel : l’hiver. L’hiver russe qui fera de cette retraite un calvaire.

Durant douze jours, au volant de son side-car Oural modèle 1966 datant de l'ère soviétique, l'auteur - Ecuyer impérial en perpétuelle quête de panache - a voulu revivre cette Retraite de Russie, tout juste 200 ans après celle de Napoléon. "Il fallait saluer ces fantômes". Ce livre (que l'on imagine parfois rédigé à même la selle) ne sera pas le meilleur de Tesson, mais nous restons sous le charme de cette folle équipée d'une poignée de grognards, harnachés d'un bicorne et du drapeau frappé de l'inscription « 1er régiment des chevaux légers lanciers polonais de la Garde impériale », refaisant les 4.000 km sous les ordres du sergent Bourgogne. C'est une virée avec une histoire de bivouac. On y croise de grands personnages, l'hiver, la désinvolture, la vodka, l'amitié. Il y a moins d'arrogance qu'habituellement, moins de passion peut-être aussi.
 
Pour ce prix, Sylvain Tesson s’est vu offrir une sculpture originale d’Igor Ustinov (fils de Peter Ustinov), ainsi qu’un festin pour quatre convives, préparé par Guy Martin au “Grand Véfour”.
 

Café Guitry-Théâtre Edouard VII Paris
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