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Never blink !

the-duel-mensur-by-paul-richard-james-copie.jpgUne forme particulière d’un duel noble – la mensur – était répandue en Allemagne au XVIè siècle parmi les jeunes, surtout dans le milieu des étudiants. (Mensurfechten – c’est l’escrime dans un espace limité). Les duellistes mettaient des lunettes avec une grille métallique sur le visage. La poitrine et le cou étaient protégés par un plastron en cuir et une écharpe épaisse. Les armes étaient des "schlagers" - l’archétype du sabre - avec les bouts bien aiguisés dans les mains. Les adversaires se mettaient face à face et portaient à tour de rôle les coups en visant la seule partie du corps qui n’était pas protégée – le visage de l’adversaire. A l’occasion d’un moment de fatigue ou de faiblesse de l’attention, un des combattants perçait la défense de son vis-à-vis, sur le visage duquel apparaissait une blessure par incision. Par la suite une cicatrice restait à cet endroit. Il est bien connu que les cicatrices rendent un homme plus beau.

Cela peut paraître étonnant mais jusqu’à présent dans les milieux étudiants de l’Allemagne existe ce type d’escrime qui ne peut pas être considéré ni comme un duel, ni comme un sport. Dans son aspect contemporain la mensur ne peut pas être appelée un sport parce qu’il n’y a ni vainqueur, ni vaincu ; ce n’est pas un duel non plus parce qu’il n’y a pas de désaccords à régler. La mensur n’exclue pas une possibilité de traumas, mais ce n’est pas son objectif non plus. En Allemagne la mensur n’est interdite ni par l’état, ni par l’église. La bénédiction de l’église a été reçue en 1988, et l’état en 1953 a enlevé son interdiction qui était en vigueur depuis 1933.

Les statuts d’aujourd’hui de la mensur stipulent :" ...l’objectif de la mensur est l’éducation du courage et de la sûreté de soi-même, et le retour à une tradition du Moyen Age n’est pas une preuve de ses tendances réactionnaires, c’est tout simplement un tribut aux ancêtres". En ce qui concerne la technique du maniement de l’arme et les règles du combat, la particularité de l’art de la mensur jusqu’au milieu du XIXè siècle était le fait d’autoriser les déplacements. La distance entre les adversaires était telle que les combattants ne pouvaient toucher qu’en faisant une fente. Chacun avait le droit de se défendre non seulement avec son arme mais aussi de recourir aux inflexions du corps (les voltes). Le combat (le duel) durait jusqu'à la première goutte de sang d'un des participants. En 1850 les nouvelles règles des combats de la mensur ont été élaborées. La distance a été réduite et d’escrime mobile la mensur s’est transformée en escrime statique. Les retraites et les voltes étaient interdites. Il n’y avait que l’arme qui restait pour se protéger. Mais le combat durait toujours jusqu’à "la première goutte de sang" c’est-à-dire avait le caractère du règlement d’un désaccord.

Les règles ont un peu changé depuis. L’essentiel consiste en ce que maintenant la durée d’un combat est fixée. Le combat ne peut être arrêté avant terme que si un des adversaires a une blessure sur le visage. Grâce aux matériaux contemporains, on a renforcé la protection de toute la ceinture scapulaire y compris le cou. Seul le visage qui comme jadis n’ était protégé que par les lunettes avec une grille métallique peut être touché. Le caractère du combat a changé, il a perdu son aspect de duel. Actuellement c’est un rite. Depuis ce temps-là la mensur a cessé d’être un moyen du règlement des désaccords. Actuellement c’est un rite d’initiation aux "chevaliers d’aujourd’hui", un essai de courage et de résistance. Selon les nouvelles règles il est interdit aux adversaires de fermer les yeux pendant le combat. Les arbitres latéraux ont toujours l’oeil sur cela. Et si un des combattants au moment de la défense ferme les yeux à cause de la peur, l’épreuve du courage n’est pas passée, le combat est arrêté.

L’arme que les combattants utilisent s’appelle "schlager". Dans ce cas il s’agit d’un sabre, mais si on se permet la traduction libre, il peut être appelé "un truc à frapper", car une raquette de tennis s’appelle en allemand de la même façon. En langue allemande d’aujourd’hui le mot "sabre" se prononce presqu’en russe "sabel". Le schlager représente une arme lourde. Il est trois fois plus lourd qu’un sabre sportif moderne.

Peinture : The Duel (Mensur) by Paul Richard James
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Commentaires

  • Fencer Club
    • 1. Fencer Club Le 14/12/2013
    Oh ! Rien ne vaut le duel à la Française. En garde ! Riposte !

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