Si a quarante ans tu n’as pas imaginé une nouvelle civilisation justifiée par un absolu, tu as raté ta vie. Mais l’homme, tout préoccupé de lui, est souvent ridicule dans son imagination : une Rolex lui suffit !
Rien n’est beau comme une singularité, même un infime détail qui s’affiche avec orgueil différemment des autres. C’est une certaine forme de résistance, une manière souveraine de s’affirmer. C’est le panache de Cyrano, la crane téméraire du légionnaire, la dague glissée dans le bas d’une femme.
Chaque ruine m’écrase. Surgit toujours la culpabilité douloureuse de ne pas avoir su tenir une promesse de conservation, de transmission. Les ruines sont un sceau d’infamie que l’on porte comme autrefois les catins portaient la fleur de lys, appliquée au fer rouge sur leurs épaules, pour les déshonorer.
Il faut ordonner tous ses actes à des valeurs absolues, plus hautes que la vie, en ignorant le martyr superflu, la roulette russe et les seins de Lola !
Je suis passé d'un esprit de kiboutz à celui de réactionnaire baroque, pour terminer à la pasta all’arrabbiata. C'est dire si ma vie est pleine et riche !
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Commentaires
1
Comme ça en passant
Le 02/10/2016
C'est Montherlant, je crois, qui avait écrit : "Il ne faut jamais faire la révolution sans être allé chez le manucure avant."
2
Vassia
Le 17/05/2016
La convergence des luttes ne se décrète pas.
3
Rone
Le 17/05/2016
Nuit Debout n'est qu'un faux sanglant !
#NuitDebout
4
Cap
Le 27/04/2016
@Louis-Marie
Nous sommes possiblement sur cette frontière entre l'enivrante utopie et l'ivresse pré-révolte. Je pense que votre post "il faut brûler les Palais" poursuit votre réflexion dans ce sens.
@Marie
Pourquoi Marie la Rouge alors que nous ne voulons pas de récupération par les vieux partis qui ont échoués
5
Thierry de B.
Le 27/04/2016
Il faut un peu plus que la nuit pour révéler l'homme debout.
6
Archambault
Le 26/04/2016
La longue habitude de la médiocrité pour se prémunir du sublime : tout notre siècle.
7
Marie
Le 26/04/2016
Jamais content ! Là, ça bouge, c'est le terrain. Pourriez rêver un peu. Qu'est-ce qui vous dérange dans la Nuit Debout ? Zêtes là à grogner tout le temps. Faites quoi, vous ?
Marie la Rouge
louis--marieLe 26/04/2016
@Marie
Mouvement sans grandeur, sans héroïsme, convenablement organisé en Nuit à tourner en rond sur cette place, sous des slogans mal taillés dans le prêt à porter. Finalement tout le monde assis à chanter ce vieux cauchemar rouge aux mains sales. Tout est vide de sens. Pas d’idéal, pas de serment, pas de martyr, rien que du sable pour gamin. Trop de patience, trop de conditionnement, pas assez de défaut. Votre fière satisfaction de si peu ne fait pas rêver. Quand on parle d’aventure, on ne peut se contenter d’un bac à sable.
8
Archambault
Le 26/04/2016
Il faut aller "visiter" l'éprouvette sous perf médiatique, place de la République, pour comprendre que la NuitDebout ne sera jamais cette révolution esthétique.
louis--marieLe 26/04/2016
Des blanc-becs sur-froqués de marques interlopes, affamés de soumission à un placebo de bonheur : une baise rapide et salée, un MacDo à la cuisine politiquement correcte - hamburger allemand, frite belge, ketchup américain, consommateur africain - un starbuck sucré, une musique basique, une capuche pour se cacher.
Effectivement, rien ne fait rêver sur cette place médiatisée où le substitut de révolution permet de satisfaire le petit appétit de changement des pré-cités blanc-becs. A chacun selon sa faim.