Nous n’avons pas à rougir de nos cathédrales

religion-lumiere-vitrail.jpgNous n’avons pas à rougir de nos cathédrales et de nos châteaux, de nos monastères et de nos hôtels patriciens. Ce sont de beaux souvenirs pour l’enchantement de la mémoire. Que notre protocole roule les tambours en l’honneur de notre peuple d’artisans. Nos ferronniers, nos batteurs de cuivre, nos céramistes, nos tapissiers de haute lisse, nos sculpteurs, ceux qui habillèrent nos murs de pourpre, qui tissèrent le linceul de pierre des gisants, qui bâtirent les socles et les voûtes, qui torturèrent le bois avec précaution pour qu’il pousse le cri de sa tendresse, voilà les ancêtres de notre esprit, de notre labeur, les pages et les princes de notre royaume culturel. Nous les rencontrons partout, aux jubés et dans le chœur lyrique de nos cathédrales, au pied de nos escaliers monumentaux et à l’entrée des salons d’apparat, dans nos maisons profondes à l’ébénisterie embrasée par la lumière qui tombe des lustres de cristal. Miracles collectifs comme un théâtre moyenâgeux. Quelques paraphes magistraux scandent l’effort solitaire ; mais, pour l’essentiel, c’est dans des ateliers, où l’obstination des uns épaulait la patience des autres, que se célébra à l’unisson l’office de notre éloquence et de notre virtuosité. Notre culture populaire ne date pas d’aujourd’hui. C’est le chef-d’œuvre de notre artisanat. Nous ne réclamons pas des siècles ce qu’ils ne nous ont pas apporté. Nous avons fait des métiers du bois, du fer, de la pierre et de la laine, la tradition de notre effort et de notre art. La mémoire du peuple a besoin de témoins ? Voici les nôtres. Voilà nos racines.

Pol Vandromme 1980

 

 

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