Printemps

  • Croire de nouveau qu’il y a encore quelques rêves à réaliser

    Terra ignota reprendre la veste rugueuse de l aventure

    M’absoudre dans la beauté crissante du grand lac gelé, aux figures fractales, aux arêtes vives heurtées. Me noyer dans l’ivresse ruisselante de la pluie d’hiver. Courir jusqu'à m'en glacer les poumons, la chair transpercée d’aiguilles de verre que le vent me lance. M’égarer dans la brume gardienne du fracas sourd des coups de tonnerre. Faire lieu d’une cabane, de la contraction d’un moment abandonné de la modernité. Rester loin des carnages, du suicide précipité de l’occident, ce souverain défunt d'une promesse non tenue. Ressurgir de l’exil au printemps. Reprendre à la patère, la veste rugueuse, vieil étendard fidèle de l’aventure. Croire de nouveau qu’il y a encore quelques rêves à réaliser pour les assoiffés de bleus, pour les yeux perdus.

     

  • Les longs jours des grandes plages encore muettes

    Terra ignota long jours des grandes plages desertes

    Prolonger la belle saison des longs jours des grandes plages encore muettes d’avril.

     

  • Actualité : Printemps parisien

    Lui sorbonnard, elle haussmannienne, allant de gauche à droite sur les rives parisiennes en dégustant des Spriz en terrasses. Tous deux un peu lâches, un peu blasés, un peu romantiques. Lui, avec sa théorie sur les filles de moins de trente ans. Elle, avec ses certitudes sur les hommes de cinquante. Flirtant dans leurs tissus printaniers. Elle, robe noir, culotte blanche. Lui, costume gris, chemise blanche. Une certaine beauté, juste et banale ; comme une affiche néo-nouvelle vague, d’un film japonais néo-réaliste. On entend un noir jouant du blues. Un mime tourne les pages blanches d’un livre. Ces petites touches infimes rendent le moment absolu et terne, comme un accablement, en plus feutré.