"C'était un fou qui ne respectait rien, qui avait des idées impossibles, qui s'attaquait, par fanfaronnade certainement, aux choses les plus sacrées, la société, l'armée, la famille, l'amour..." Ainsi parle Darien d'un personnage qui lui ressemblait comme un frère. On trouvera ici l'essentiel de l'oeuvre de Georges Darien (1862-1921), dont André Breton dit qu'elle "est le plus rigoureux assaut que je sache contre l'hypocrisie, l'imposture, la sottise, la lâcheté". De Biribi, son premier roman né de son expérience des bataillons disciplinaires de Tunisie, à La Belle France, réédité dans sa version intégrale, en passant par le célèbre Voleur, adapté au cinéma par Louis Malle, on découvre avec passion la jeunesse éclatante et la modernité de ce pamphlétaire inclassable, écrivain par "haine des tortionnaires et dégoût des torturés".
J’oppose la conquête à la possession, le sacrifice au confort, le beau à la concupiscence, l’homme à l’individu, la femme à la pornographie, la famille à l’homosexualité, la civilisation au communautarisme, l’esthétique au standard, l’éthique à la politique, la violence à l’indignation. Je suis le vaurien d’une société de l’argent et de l’usure et le prince d’une nouvelle aristocratie spirituelle.
Leurs phrases m’emmerdent, leur pompiérisme m’emmerde, leur ignominie m’emmerde, leur politique m’emmerde et je ne comprends rien à leur vertu. La vertu c’est de sauver la patrimoine Français en demeurant conservateur de la bibliothèque de Carpentras. C’est apprendre à lire aux enfants, c’est d’accepter d’être tué en simple charpentier… Ils sont le pays. Moi je suis du pays - Saint Exupéry
Les yeux ouverts, vous feignez d’être aveugle, les oreilles dressées vous feignez d’être sourd. Vous vous complaisez dans les flagorneries et haïssez les paroles droites. Vous réprimez ceux qui luttent et écrasez ceux qui souffrent. Vous accrochant au pouvoir, vous redoutez que les jeunes ne vous dépassent, oubliant ainsi la parole des anciens : l’enfant dépassant le père apporte bonheur à la lignée - Hanoï 31 mars 1986, Pham Xuan Khai, jeune poétesse Vietnamienne
L’engagement politique, à son point d’acmé qu’est la conquête d’un mandat avec tous ses traits de la passion, n'exhale que désillusion, enflure des mots et demi-mesure de l’oblique. Lorsque le pays attend l’aplomb d’un titan capable d’affirmer l'action, de libérer les idées ou de haler le monde, il ne trouve que pulsions matérielles, mépris de l'argument, idées fixes et narcissisme de gargouilles qui s'abîment dans la trivialité des impédimenta économiques.
L’angélisme éthique que l’on prête aux icônes exemplaires comme le sage, le héros ou le saint, néglige l’orgueil des stoïciens, la fureur des condottieres ou la chevauchée des cavaliers de l’apocalypse. C’est pourtant dans ces coulées incandescentes qu’il faut prendre ses postures singulières. L’éthique n’est pas une morale de l’inhibition mais plutôt une sublimation, une tension permanente entre sagesse et instinct, entre devoir et désir et qui excède la vie confortable.
Louis RICARDOU, pupille de la nation, ancien légionnaire, amputé d'une jambe, réussit à se faire admettre comme mitrailleur dans un bombardier du Groupe de bombardement Lorraine, squadron 342. Son Boston est abattu au cours d'une mission de harcèlement au-dessus de Falaise, dans le Calvados, le 5 août 1944. Il avait 34 ans lorsqu'il est mort au champ d'honneur après trente deux missions de guerre...
En ces temps inconsistants, j'ai besoin d'exemples !
Sarkozy / Hollande. Au 24ème round, la République française jette l’éponge. Après le règne des cogneurs, des chefs d’Etat voici l’avènement des p’tites frappes. Le prix du vainqueur sera une montre Rolex. La France devient province du monde. Les combats se dérouleront dorénavant dans les fêtes foraines.
La rédaction d’une liste suppose calculs, pensées, pourparlers et sacrifices qui chacun, à égal pourcentage, préside à la composition et à l'organisation de mouvements qui vacillent toujours entre dépôt de bilan et préparatif à la course en haute mer. Définitivement l’aventure nait sous le doigt pointé sur une carte, se poursuit dans l’élaboration d’une liste, vit de la fidélité à cet inventaire et meurt des lâchetés consenties au catalogue.
C’est par giclées que l’homme politique nous inflige sa présence, les mots pleins de trente glorieuses, de révélations diaphoriques, d’itinéraires nouveaux… La lecture dégrisante de l’ennuyeux quotidien rend compte de l’improbable conciliation entre vérité de l’acte et promesses électorales dont le cheminement n’obéit jamais à la cohérence d’une quête éthique, mais à l’arbitraire des démences personnelles.
Attiré par le Grand reportage / style de l’urgence / des idées en maraude / relation entre littérature et reportage / idée de confrérie y compris dans son acception religieuse, une élite / l’épreuve du feu / paquebot, avion, voiture, vitesse / ou un poste consulaire dans une contrée reculée ! C'est grave quand cela prend, ces désirs là. S’imaginer guetteur aux confins du monde ou avant-garde, là où l’empreinte de la folie des hommes est la plus sanguinaire.
Je veux mourir debout ! Cela semble étrange comme idée, voire stupide si l’on admet que la mort est une chute, que la vie a cette balistique fatale faite de trois mouvements dont le premier, violent, explosif, est ascensionnel puissant et mécanique, le second, appelé longtemps par les canonniers le petit bout indéterminé avec sa courbe imprévisible, est là-haut balloté dans les couches des souffles inattendus, et le dernier enfin, pur ou naturel, est descendant, gravitationnel, glissant naturellement vers le sol que la vie viendra finalement transpercer, où elle ira s’enterrer. Je n’aime pas cette vision déterminée sur les seules certitudes d’abaques mathématiques. De façon empirique je retiens trois points essentiels à la vie : la poussée initiale doit être provisoirement violente, les corps légers s’élèvent et les astres ne tombent pas. Voilà ma trajectoire tendue, faite pour apprendre à se tenir droit, fier, en avant, tête haute ! La chose est maintenant moins absurde à être écrite ainsi : mourir debout face aux avachis, aux Assis, comme les appelait Rimbaud, tressés avec leurs sièges, trajectoires en cloche comme des jets d’urine.