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  • La ville, la mer, la campagne ...

     

    La mer

    Une ville qui ne serait pas tournée vers la campagne ou vers la mer est une ville maudite

     

     

  • Tête-bêche

    Religion christine spengler northern ireland londonderry funeral 1972

    Je cherche la rue, le boulevard, le gouffre qui me tenteront assez pour que je m’y précipite tête-bêche et sans regarder quel nom, au coin du mur, fleurit blanc sur l’émail bleu.

     

    René Crevel

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  • Femmes perdues dans l’ivresse des boissons viriles

    Terra ignota femministe moderne

    Il y a aujourd'hui des femmes, arrivistes, fascinées par l'argent, drapées dans le pire costume de l’homme : celui du banquier ou du commis. Elles ont des prénoms de roturières pouilleuses et exotiques. Elles approchent de la quarantaine et n'ont toujours pas trouvé de sens à leur vie et s’épuisent dans une frénésie friquée, compulsive et hystérique. Le cigare cubain et la rolex ne sont pas loin.  Elles ont ces voix de fumeuses qu’on prête aux filles perdues, qui chuchotent des sentiments fêlés, englués dans une bestialité trop primitive. L’homme contemporain pensant croiser le chemin de grandes dames carnassières leurs adresse un sourire un peu serré autour d’une crainte instinctive. Dans l’allégresse du soleil et l’ivresse des boissons viriles, elles répondent, la haine retroussée sur des lèvres écarlates, dans un sourire hideux que le temps a gravé comme une punition.

     

     

     

  • En ces temps pressés...

    Terra ignota les longues heures

     

    En ces temps pressés, je me fabrique de longues heures.

     

     

  • Acclamés ou damnés, qu’importe !

    Terra ignota dans un grand eclat de rire

    Acclamés ou damnés, qu’importe ! Nous entraînerons le monde dans les flammes, dans un grand éclat de rire.

     

     

     

  • Où passer sa jeunesse, s’il n’y a plus de combat perdu ?

    Terra ignota une epoque ou se perdre

    La révolution : elle n’existe pas, la garce. Et cette absence absolue d’illusion ne me satisfaisait pas, moi qui voulais m’arrêter au bord d’une époque profonde où me compromettre, m’abandonner ou bien me perdre.

     

    NB : Ecrire une lettre de reniement à ma génération !

     

  • J’appartiens à une amitié ombrageuse et fière

    Terra ignota anne magill

    L’amitié domestique est une incongruité de politicien. L’amitié est souveraine, ombrageuse, fière, virile, sceptique et secrète. Elle n’est pas un slogan gravé sur les frontons, livrés au regard de tous et salis des fientes de pigeons. Elle cercle les âmes d’un lien robuste, à l’abri d’un serment, d’une fiance entre le cœur et les entrailles. J’appartiens de part en part à cette amitié.

     

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  • C'est l'aube qui te sauvera.

    Terra ignota l aube te sauvera

    Lorsque la lumière s'éteint, il ne reste pas que le noir puisque la lampe est toujours là. Il y a donc les humiliantes espérances en la lumière, en la répétition. Casse la lampe, va chasser, fouille chaque recoin, aide toi des orages, des éclairs. La vie dangereuse est là ! C'est l'aube qui te sauvera.

     

  • Mais avant il y aura eu la vie !

    Terra ignota glock system1

     

    Il y avait en lui une capacité à s’exiler dans certaines régions valeureuses que plus personne n'osait explorer tant la crasse avait dévoré le monde. Il reprochait à ses contemporains d'avoir abandonné l'esprit de survie, de s’être départis de la peur animale de la disparition de l'humanité. Personne ne pouvait l'ignorer… et pourtant. Lui était prêt à se battre pour montrer qu'il n'avait pas abandonné sa croyance en l'homme.

    Il avait pris ses distances avec toutes ces finasseries intellectuelles qui préconisent un retour de l'ascète ou du sauvage, du mystique ou du révolutionnaire ; tous ces préfabriqués de la bande de Möbius d’Assas et de la Sorbonne. Son tourment était si grand qu’il s’était éloigné de la douce poésie des causes perdues et des personnages grandiloquents qui terminent une balle dans la tête, et dont les épigones se battent pour défendre la nécropole de Saint Denis ou celle du Panthéon. Au début, c’est difficile de se contenter de l’essentiel quand on est tendu au romanesque. Les fantaisies sont bien défendues par tout cette clique de petits bourgeois qui terminent leur jeunesse avec du gras autour de la taille, un job de commercial et une cagole en-mini-décapotable comme compagne de lit. Ils crèvent de vanité à se trouver tristes, nostalgiques d’un monde où les bordels avaient pignon sur des rues que l’on pouvait dépaver pour constituer des barricades bancales, que la moindre volonté démonterait en une rafale ajustée. Ils pensent que le progrès en marche viendra tout bousculer. Mais tous s’inclinent et se figent dans le bonheur facile d’un soda frais pris sur une serviette de plage.  Oh, leur sale gueule de capitulation. Des macchabés ! Matthieu n'avait jamais eu l'obsession de la mort. Mourir à vingt, trente ou cinquante ans n'avait aucune importance. Foutaise de littérateur ! C'était vivre qui était important. La violence en revanche, il lui trouvait tout le charme du printemps. Avec ses montées de sève, ses explosions de couleur, cette flamboyance électrique du ciel reflétant tout ce soleil de feu chargé de faire revivre la nature. Alors la guerre ne lui faisait pas peur.

    Le discours rationnel, orthonormé, économique, mettant en avant ces courbes fléchissantes qui vantent le point de rupture entre vieilles valeurs et forces du progrès, ne trouvait en lui aucun écho. Le bonheur sous cellophane lui était étranger… Il se foutait du réconfort du bonheur vulnérable, soumis et confortable. Matthieu croyait en la joie ! La vie est joyeuse, c'est son credo. Il y croyait et trouvait là quelque chose d'essentiel et de fort, comme un alcool pur sortant de l'alambic familial. Pour lui, cette joie était aristocratique. C’est complexe la joie, d’abord parce qu’il y en a de différents types. Celle de Matthieu était la joie sombre. Tout le monde n'est pas capable de comprendre un message complexe. Ce qu’il faut retenir, c’est que Matthieu avait toujours été un individualiste tenté par les aventures collectives. Dans l'urgence de la révolte, il était prêt à offrir la joie à tous. C’était un risque à courir... Dieu reconnaitrait les siens.

    - Tu fais une connerie, lui répétait ses proches

    - Ca ne fait rien, et si on doit tous y rester, et bien... vive la joie cria-t-il ! Ça se finit toujours par la mort, mais avant il y aura eu la vie !

    Il savait qu’il ne serait pas celui qui annoncerait l’avènement de cette joie pour l’édification d’une nouvelle civilisation. Il n’avait pas la gueule de l’emploi. Ses traits anguleux et froids, son sourire au troisième degré, le prédestinaient plus à être le précurseur de la révolte, le conquistador envoyé dans le monde des ignorants pour les civiliser ; bien plus que le charismatique prédicateur de la joie. Lui serait plus le sabre que le goupillon. Après viendraient les bâtisseurs. Ca tombait plutôt bien, il avait fréquenté la guerre moderne, ses excès de colère et de débauche. Spécialiste de la manipulation opérationnele d'armes légères, il démontait le Glock sans y penser, se levait la nuit pour faire un chrono démontage-remontage d’un HK ou d’une Kalach. En tactique, il avait une perception juste de son  efficacité après un apprentissage sur une base vicariante rapidement confrontée à l’expérience terrain. Il s‘était frotté aux voyous que la république s’offrait : la Légion étrangère parachutiste. Sa botte secrète était le jeu. Comme tous les prédateurs, il s’amusait avec ses proies avant le grand buffet sanglant. Ses amis l’appelaient « Matthieu le rouge », ce qui avait porté bien souvent ses ennemis à se tromper. Le rouge était pour le sang, et non pas pour quelques petites convictions. Matthieu était responsable de la cellule « opérations »... Comme si à un fauve, en plus de sa détente et de ses crocs, on avait donné un permis de chasse

    La conquête moderne n'est pas celle des institutions, mais celle de ses centres stratégiques. Elle n'est pas forcément l'œuvre du peuple ou de l'armée mais peut-être plus efficacement celle d'un petit nombre de techniciens armés, motivés, bien entrainés et capables de faire fonctionner ces centres techniques : électricité, eau, communications, médias, gares ou aéroport. Se maintenir au pouvoir nécessite l'appui d'un parti, le conquérir pas. Mattieu savait tout cela ! Il était celui chargé de créer le léger déséquilibre de l’édifice, pour permettre aux cellules « techniques », déjà en place, de faire basculer lentement, par vacillations à amplitudes de plus en plus grandes, le bloc institutionnel... qui finit par tomber dans l’éclatement nauséabond d’un fruit trop mûr.

     

  • Invulnérable

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    Je suis persuadé que ce qu’il manque chez mes contemporains, c’est une once de virilité. Quelque chose qui n’est pas superficiel, déviance, complaisance, désespoir. Je ne dis pas être soudard, je dis être viril, rude, âpre, invulnérable.

     

  • La danse

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    Celui qui ne sait pas danser fait l’aveu tout bas d’une disgrâce.

     

    Louis-Ferdinand Céline

     

  • C'est l'été partout !

    Terra ignota filles mal elevees sur la plage

    C’est l’été partout ! Du bruit incessant des abeilles, aux seins nus sur la plage. Proust disait "Le monde moderne n’est pas le dernier salon de l’auto, mais un groupe de jeunes filles mal élevées sur la plage".

     

     

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  • Nous, nous cherchons des histoires !

     

    Terra ignota bordee

    Les enfants sages n’ont pas d’histoire... Nous, nous cherchons des histoires !

     

     

  • Leçon d'élégance : Les boutons de manchette

    Terra ignota elegance violence

    Se méfier des grandes causes, qui occupent abusivement la place, et réhabiliter les petites : les boutons de manchette, par exemple. 

    François Bott, Mauvaises fréquentations (Manya 1992).

  • Une vie comme un roman

    Terra ignota une vie suspendue au hasard

    Je veux une vie comme un roman, suspendue au hasard, où je n’ai pas à argumenter.

     

  • Le muscle ou le gras

    Terra ignota le muscle ou le gras

    Le politique a toujours eu un problème avec le muscle, lui préférant les corps gras dans une société d'obèses.

     

     

  • "Homme augmenté" dans une société post-humaine

    "L’Homme augmenté" (expression genrée et majusculée pour em...... les performistes de la novlangue), sur lequel se cristallisent fascination idéologique et recherche scientifique, est cette aspiration à dépasser notre  fatalisme biologique, en vue de la création d'une espèce, mieux contrôlée, plus performante... post-humaine. On parle avec légèreté de cerveau-machine, de prothèse intelligente, de molécule dopante, de nanotechnologie, de biotechnologie ou d’informatique et sciences cognitives. Et dans cette collection "Frankenstein prêt-à-porter", l’imagerie cérébrale est le monstre qui terrassera le savant fou. Ce que big-brother fait avec votre ordinateur, l’imagerie cérébrale le fera, à votre détriment, à votre cerveau dont on analysera les inquiétudes, les failles, les peurs, les certitudes. Dans ce grand espace libéral qu’est devenue la planète, les banquiers, les assureurs, les employeurs, les voyagistes, les péripatéticiennes voudront avoir un scan de votre cortex avant de signer un contrat ou d’entamer une partie de jambes-en-l’air. Le gouvernement progressiste s’empressera d’apposer, sur cette expérience d’avant-garde, une motion éthique-discriminante-positive-réelle, à laquelle il restera possible d’adjoindre une molécule régulatrice et une loi, pour les réactionnaires, leur interdisant d’entraver les progrès de la recherche… Les idéologistes « des forces du progrès », que l’on nommera les Peillon-Belkacem par souci de clarté, offriront une mise en perspective d’application au contexte républicain et goûteront le plaisir de pouvoir enfin, dès le plus jeune âge, « arracher l’enfant à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel» par le biais de savantes manipulation qu’ils envisagent déjà de porter aux embryons « pré-fabriqués » en PMA ou GPA. Si ces manipulations ne représentent pas un moyen direct d’augmenter l’individu, elles pourraient être envisagées comme un outil permettant d’augmenter la performance globale du groupe en ne choisissant que des sujets dociles aux nouvelles idées, doués de qualités d’asservissement physique et mental supérieures à la moyenne.

  • Sabordage

    Sabordage

     

     Qu'on le sache bien, une bonne fois pour toute ; je ne veux pas me civiliser.

     

    Arthur Cravan

  • Dans le grand jardin

    Charge russe

    Dans l’antichambre de la vie, le savoir tient salon avec la sagesse et la tolérance dans une longue conversation ennuyeuse. Dans le grand jardin, la passion s’enivre avec l’amitié, le courage et la joie, dans des enfantillages tellement plus amusants.

     

  • Scoop

    Presse scandale

     

    De la frénésie du monde jaillit l’actualité. De ce grouillement fécond de pleurs et d’exultation les commis de l’information ne savent qu’en extraire une rumeur hideuse. Au siècle vingt le journalisme s’est éteint !

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  • Consigne de vote

    2012-jpb-pochoir-consigne-de-vote.jpgJe suis l'ennemi de la fortune anonyme des urnes et des slogans de promotion pour clientèle vagabonde : tout cela manque de panache et de sincérité.

     

  • I'am possible

    Terra ignota gentleman i mpossible 1

     

    I'm possible

  • Il a froid, de très loin et depuis très longtemps

    Terra ignota a la lueur des cocktails

    Il a froid, de très loin et depuis très longtemps, peut-être depuis toujours ; il ne s’en souvenait plus. Un froid sans raison, étranger à sa volonté, traversant chaque saison détraquée, diffusant une chaleur raréfiée, grise. Et il sentait que ce froid n’attendait qu’un mouvement brusque pour le disloquer. Tout ça l’obligeait à mesurer chacun de ces gestes, chacun de ces sentiments, à la juste mesure du strictement nécessaire… pas plus, jamais plus… en avançant d’une nuit jusqu’à la nuit d’après, en se vidant de tout ce qui pouvait geler, jusqu’à la dernière goutte : sentiment, sang, réflexion, muscles. Je lui tends un peu de chaleur et c’est toute une peur qui s’empare de lui. Pathétique homme contemporain.

     

  • Détestons !

    Terra ignota detestons

     

    Détestons puisque c'est la mode semble-t-il. Il ne sera pas dit que je ne fais aucun effort pour être de mon siècle !

     

     

  • Les hommes qui rêvent

    Terra ignota anne magill 1962 british painter never let me go tutt art 40

    Les hommes qui rêvent poursuivent leur chemin qui n'est autre que celui que veulent le hasard, la bagarre, la mer, et les femmes. Ils sont justement persuadés qu'en cela consiste l'essence d’une vie aventureuse.

     

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  • Premières étincelles avant l'aurore

    Terra ignota for gentlemen 1

    Les solitaires seront les premières étincelles avant l’aurore. Excentriques en quête d’absolu, ayant abandonné toutes illusions tombées comme des peaux mortes, ils remonteront les chemins d’exil à la douceur salée du large. Ils entreront en dissidence avec un regard comme une botte de Nevers.

     

  • Bluegrass, vodka et cigarettes

    En train de berliner[1] sur un vieux club défoncé… Bluegrass, vodka et cigarettes… piano déjanté, guitare distordue, l'environnement de Tom Waits est propice au meurtre ou à la ballade. Lecture de Lermontov... les grands mots sont les grands remèdes.

     


    [1]Confort de berline

     

  • L'art de vivre

    Terra ignota une vie aventureuse

    Quelques signes d’un art de vivre sont ma justification de l’aristocratie.

     

  • Carte sur table

    Terra ignota carte sur table

    En toute franchise... carte sur table !

     

  • La solitude bien élevée

    Terra ignota elegance de la solitude

    Je crois l'élégance de l’ordre du privé, de l’intime. Elle consiste à se comporter de la même manière au plus profond de la solitude hivernale que dans la société. S’il devait en être autrement, l’élégance prendrait alors le nom de futilité.

     

  • Accès réservé

    Terra ignota acces reserve

    Certaines femmes sont éternelles comme d’autres sont de mars, de lundi ou de 17 heures. Celles de 17 heures sont dans la rue, au perron des hôtels qui louent une chambre pour une heure. Celles de lundi sont celles en tailleur dans l’ouverture de la porte de l’ascenseur. Celles de mars indiquent le printemps de la sève brute. Il n’existe que peu de femmes éternelles, elles sont pourtant les seules nécessaires pour rester humain, c'est-à-dire supérieur.

     

  • L’heure des grandes ombres

    Il est fréquent que la solitude précède l'orgueil.

  • Terminal

    Terra ignota solitude de la ville

    Mon cher ami, la solitude des grandes villes aux dernières heures de la nuit est si régulière qu'on la croirait préméditée.

     

     Frédéric. Berthet

     

  • Bons baisers de Dinard

    Terra ignota bons baisers de dinard

    Elle était là, sur le sable, insecte ambré à la peau asséchée par le vent. J’avais croisé Sonia Constant quelques années auparavant, à Rennes !.... En vérité, je ne suis pas certain du prénom que je lui prête ici. Mais il convient si bien à son allure de trentenaire d’un siècle qu’elle revendique. C'était au cours d'un vernissage, ses yeux m'avaient détesté tout de suite. Son sourire pincé trahissait une éducation cloisonnée. Lorsqu’elle parlait, elle avançait sans virgule ; cherchait de l’air, comme prise de panique. Elle était engagée dans un mouvement confus, coincée entre quelques petites convictions familiales et de grandes aspirations qui perdent pied dès qu’on les sollicitait de trop près. Ses idées se présentaient comme des petites boucles obsessionnelles, d’une méticulosité de l’ordre du tricotage. Elle était de ces enfants qui n’ont pas souffert et détestent ce manque de texture. Elle semblait avoir creusé au plus profond de toutes les misères qu’elle avait recensées sur Internet, les confondant avec les déviances et les marginalités. Elle s’était accaparée ce qu’elle y avait trouvé de plus étrange et se lovait dessus, prête à lancer son venin sur qui viendrait ébranler son empire. Et dans cette démarche, elle manquait d’humilité.

    Aujourd’hui, sur la plage de Dinard, je la retrouve toujours blottie dans ses postures. Mèche sombre, cigarette au bout des lèvres, j’entends sa diction rapide et saccadée, un profil à la Sagan, avec ce côté nostalgique et faussement drôle qu’elle a dû travailler avec beaucoup de lucidité. Elle veut faire de la photographie réelle, dit-elle, pensant avoir une petite musique différente, faite de faux coups de griffes d’une petite fille de bonne famille et de sensualité bourgeoise soft porn. Elle rêve intellectuel, de mélodrame en 70mm dans les beaux quartiers d'une ville balnéaire sous la pluie. Elle est là, sur une serviette de bain saumon, avec quelques bourgeoises, à chercher les hommes du soleil, des embruns et des fièvres assassines, qui s’éloignent d’elle avec constance depuis qu’elle était en âge d’échancrer ses chemisiers de lin.

    Lorsqu’elle est seule, un peu plus tard, figée face à la côte, je vois toute trace de fierté se retirer de son visage. Seule, elle a honte. Quand on ne vit pas, la honte devient affect. Elle sait au plus profond qu’elle n’a jamais eu faim de rien. Or le sentiment de faim est un sentiment de supériorité irascible. C'est le côté tragique des trentenaires d’aujourd’hui, leurs tourments intérieurs manquent de consistance pour alimenter les grandes passions.

  • Rendez-vous place des martyrs !

    Ce qu’il faut, c’est un mort ! un beau mort avec un millier de vers grouillants. On sous-estime toujours la propension du peuple à se bouger pour un beau mort, un martyr ; à réinventer un monde avec des saints à venger dans le sang, avec des héros à clamer dans la guerre.

  • Beauté grisante de la prière

    Terra ignota priere

    Ne t'attaque pas à quelqu’un si tu ne sais pas ceux qui prient pour lui.

     

  • Renoncer. Jamais !

    Terra ignota l avenir est venu me demander quel destin je lui offrais

    L’avenir est venu me demander quel était son destin.

     

  • De bruit et de fureur

    Terra ignota de bruit et de fureur

    Le passé :

    - Et après ?

    Le présent :

    - Plus rien. L’avènement des sauvages.

    Le futur :

    - Alors, il faut retarder la mort par le bruit et la fureur !

     

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  • La femme de l’homme

    Terra ignota la femme de l homme

    La vraie femme. Celle qui nous vient du fond des âges. Celle qui rayonne à l’autre extrémité de la création. Je peux vous dire cela d’une manière plus directe. Deux races de femmes. L’une nombreuse, et l’autre en voie de disparition. Les femmes dans lesquelles on se branle. La femme avec qui l’on fait l’amour. Et avec qui faire l’amour, c’est se refaire de l’enfance. La vraie femme : celle qui connaît les secrets des eaux, des pierres, des plantes, des bêtes. Celle qui fixe le soleil et voit clair dans la nuit. Celle qui possède la clé de la santé, de la paix transparente, des harmonies. La sorcière blanche, la fée aux larges flancs humides, au visage d’ange flamand, aux longs cheveux blonds, aux yeux clairs, qui attend l’homme pour recommencer avec lui le paradis terrestre… Avec elle, toute la terre s’organise en féerie. Avec elle, il y a de l’immortalité dans l’air… Le désir qu’elle inspire est vide de tout démon. Plonger en elle vous réensemence et vous révèle que la grande jouissance est chaste. La vraie femme, la femme rare. Celle que les anciens gnostiques appelaient « la femme de l’homme » et la « rosée de lumière ». Ils nommaient l’autre, qui est légion, « la femme de la femme…

    Louis Pauwels

  • Bleu

    Terra ignota bleu

    Trouver mon bleu, entre le noir et le blanc.

  • Le monde comme une victime vouée aux couteaux

    La maison, à demi étourdie sous l’orage braillard, avait une silhouette hésitant entre splendeur et anéantissement. Les rochers bordant le torrent ressemblaient dans la pénombre à de mauvais points de suture. La vitre, martelée par la pluie, renvoyait le reflet de son visage. Celui-ci, exposé à la nuit inquiétante, avait pris toute la beauté dramatique d’un barbare, résumée dans une indéchiffrable manière de sourire. Il se retourna, alla s’asseoir face à la nuit, dans le confort d’un vieux fauteuil en cuir usagé. Au débouché de la nuit sombre, le matin clair se dessinait maintenant dans une ombre agrandie qui cohabitait avec le bruit des rafales, dans un élan de lumière qui devait tout submerger. Il but son café dans une tasse d’émail blanc, le regard posé sur l'heure du matin. La nuit était passée avec sa poigne de sueur et d’apparitions plus ou moins lucides. Il aimait le noir, sa manière d’aller au fond de tout. Il se leva, déposa sa tasse sur le rebord de bois de la fenêtre, fit quelques pas, enchanté du vertige qui le soulevait au-dessus de lui-même.

    Matthieu retourna vers la chambre et regarda sa femme encore assoupie dans le désordre de sa chevelure. Ils s’étaient rencontrés à Paris lorsque chacun tirait sa trajectoire. Elle traînait ses longues jambes dans le sillage des rues animées du 1er arrondissement et ses mèches blondes dans les couloirs du Palais Bourbon, au service de quelques élus. Un vent souple accompagnait son élégance cintrée, sa grâce atmosphérique, son mouvement de soie. Il avait croisé son regard, un regard de tanière, avec quelque chose de chaleureux, de généreux et de pudique qui fait admettre une certaine éternité. Il s’était métamorphosé dans cet éclat sauvage, passant d’une idée abstraite de l’amour à des sentiments pénétrants, de chair, d’âme et d’os. On résiste à la beauté mais pas au charme.

    Glissant vers le salon, il traversa la grande pièce de pierres, de briques et de tomettes, où étaient posés leurs meubles épurés qui avaient fait toutes les migrations avec eux depuis leur mariage. Il avança dans le large couloir encore plongé dans la pénombre et risqua son regard dans l’entrebâillement de la porte qui gardait le sommeil des enfants. Sur le tableau noir, au-dessus du bureau, était écrit : « Un jour, nous détruirons le monde. Ce jour-là, il fera beau ». Il sourit en se souvenant de la réplique du frère à la lecture de ce que son jumeau avait écrit : « La fin du monde n’a pas d’importance ». Il aimait leur jeu fait d’intelligence et d’insolence où la  passion apparaissait comme une frénésie, le monde comme une victime vouée aux couteaux.

  • A la hussarde !

    Terra ignota a la hussarde

    Les grands barbares sont ainsi : rustiques et raffinés !

     

  • J’y ai vu une mise en scène

    Terra ignota au plus sombre de la nuit

    Si je dis : l’heure la plus sombre, en hiver, à quatre heures du matin en rase campagne. Je ne vois là aucune poésie. Et pourtant j’y ai vu une mise en scène où les mots avaient du mal à trouver leur place habituelle.

     

  • Réhabiliter la dimension virile de l'histoire

    Terra ignota la dimension virile de l histoire

    Je suis dorénavant persuadé que pour mourir sérieusement, il faut redonner sa dimension virile à l'histoire !

  • En chacun, la symphonie d'une tempête

    Toute procédure est une insulte à l'intelligence. L’improvisation réclame un esprit vif.

     

  • Après-midi d’avant-guerre

    Terra ignota moment

    C'est une fin d'après-midi d’avant-guerre, le soleil tombe lentement derrière la ligne de crête, le froid avance à la même vitesse que l’ombre dans un ciel imparfait, entre nuages et brumes.Tout glisse vers la pâle couleur du crépuscule. Le gouvernement s’éteint dans la léthargie d’une fin de règne, les bêtes s’enterrent, le monde se contracte et crisse comme la glace du lac Baïkal lorsque de grandes fissures apparaissent. Les tendresses emportées et les douleurs héroïques se regardent dans les flammes des feux de cheminée, dont les braises resteront comme l’ultime preuve du scandale de nos singulières désillusions. Rien ne parle des prémices de la guerre comme ces moments-là.